Vis ma vie d’apprenti secouriste !

Un des “objectifs” que je m’étais assigné pour la période précédant mon départ était de suivre la formation aux premiers secours dispensée par la croix rouge. Raison principale (évidente) : avoir quelques notions de base (notamment dans le cas où la grande gigue bretonne qui me servira de compagnon de route dans la cordillère blanche viendrait à faillir). Raison secondaire (moyennement évidente, sauf si l’on est un tant soit peu honnête) : jouer avec un défibrillateur (« Il ne respire plus ! Bien, chargez à 200. Reculez bordel !»). Raison annexe (pas du tout évidente et surtout pas du tout avouable): je me doutais bien que personne ne serait dispo le 2 février à 11h du mat’ pour aller au squash donc autant faire quelque chose d’utile.

C’est donc à cette date – debout une heure plus tôt que pour une journée de travail ordinaire (les apprentis tour-du-mondistes ne mènent en aucun cas une vie facile contrairement à ce que prétend la légende urbaine) – que je me rends tout pimpant à la délégation de la croix rouge du 15ème arrondissement. Début de la formation : 8h…8h30 pétantes :). Alors, dissipons d’emblée le doute qui assaille la gente masculine : non, ce n’est pas Adriana ex-Karembeu qui fait l’accueil. Et si le responsable de la journée, Nicu de son prénom, possède lui aussi un savoureux accent des Carpates, il ne ressemble ni de près ni de loin (ni de loin bourré) à la belle Slovaque. Et après un ou deux cafés (« tu viens d’où ? Tu fais ça pour quoi ? J’adore ton fut’ ! ») à faire connaissance avec mes dix collègues de la journée, il bat le rappel des troupes: on n’est pas là pour jouer au baby foot.

Arrivé à ce moment du récit, je vous vois déjà piquer du nez ; je vais donc la jouer as synthétique as possible pour vous présenter le contenu pratique de cette journée qui se déroule en trois étapes :

Step 1 : Pendant une petite heure, brève introduction, histoire de la croix rouge, principes de base du secourisme (« ne pas voler le sac à main d’une personne inconsciente », « ne pas verser de l’essence sur une plaie ouverte » …) .

Step 2 : Présentation d’une dizaine de scénarios-type : « la victime s’étouffe », « la victime saigne abondamment », « la victime habite le 7ème et a cassé un talon » etc etc… Chaque situation est également analysée suivant un schéma très méthodique:

Acte 1 : Présentation de la problématique

Acte 2 : Qu’est ce que vous feriez ? (mode participatif)

Acte 3 : Explications (le plus souvent du pourquoi du comment nos suggestions de l’acte 2 étaient débiles :))

Acte 4 : Mise en situation et démonstration des « gestes qui sauvent » (©La Croix Rouge)

Pour info, la « gravité » des situations présentées va crescendo, ce qui permet de ne pas vomir tout de suite.

Bref, cette partie-là, seulement entrecoupée de la pause repas, c’est le gros morceau et ça dure … Oh allez… Dix heures ! Yes, c’est long. Trèèès long. Thanks God, Nicu est d’une patience remarquable. Car à la fin régnait dans nos rangs une certaine indiscipline scolaire.

Step 3 : Le clou du spectacle  arrive sous la forme d’un petit « examen » pratique de derrière les fagots. Chaque « postulant » tire à tour de rôle une carte (face cachée, sinon ça ne sert à rien) décrivant une situation de crise, à résoudre (logique, sinon ça ne sert à rien again) puis part s’isoler quelques minutes le temps que Nicu et les autres « élèves » – j’arrive à court de synonymes – un temps devenus complices mettent en place la scène. Et le candidat testé de débarquer … Avec pour mission de gérer … comme il peut ! Grands  moments, de solitude,  de panique, et de rire ! Mais à l’issue de la journée, brillante promotion oblige, toutes les personnes présentes ont obtenu leur attestation, et en récompense  un petit guide (pour bachoter).

L’une de mes premières réflexions suite à cette journée : pourquoi diable cet enseignement n’est il pas dispensé dans un cadre scolaire ? Comme c’est le cas dans nombre de pays, et dès l’école primaire ? Tellement logique à posteriori…Même s’il est clair qu’acquérir des réflexes et “bonnes pratiques” en 12 heures est tout bonnement utopique. Entre démystifier la fameuse “PLS” par exemple, et la pratiquer sans encombre, il y a un bras pas… Au final, une expérience intéressante à prendre pour ce qu’elle est : une expérience, une sensibilisation, ni plus, ni moins ! En aucun cas une formation. Secouriste c’est un métier en soi.

Bon, et les défibrillateurs dans tout ça ? Ils ne sont pas chargés, évidemment. J’étais bien « déceptionné » même si j ‘espère au fond ne jamais devoir m’en servir un jour “pour de vrai”…

En revanche, prendre un café avec Adriana, ça fait toujours partie de ma todo list…

En pratique ?

4 Comments on “Vis ma vie d’apprenti secouriste !”

  1. Lio Says:

    ça veut dire qu’en voyage tu pourras t’auto secourir ?

  2. Guillaume Says:

    C’est vachement bien fait le trucage sur la photo…

  3. Lucie Says:

    Et ou, un tel ours à l’école me semble à moi aussi indispensable!

  4. Caen-Dublin Says:

    alors, où es-tu?