Kafka était Cubain


Un bon scénario Hitchcockien présente toujours quelque rebondissement qu’un spectateur emballé ne manquera pas de commenter par un sobre « Oh putain, j’l avais pas vue venir celle-là ».

Plus ou moins rassuré par la perspective de recevoir via Western Union quelques espèces sonnantes et trébuchantes de ma Gaule natale, je commençais à me dire que j’allais pouvoir tirer un trait sur cette semaine légèrement éprouvante pour mes nerfs. Comprenez, j’ai passé plus de temps (et d’argent) en communications internet et téléphone afin de régler mon problème de carte bleue qu’à profiter de La Havane.

Vers 14h00 cependant, petit texto « cocasse » de mon cadet qui s’occupait de l’opération :

« Bon, j’ai pas de super news : les transferts western union et mandats sont impossibles depuis la France à cause de l’embargo. Ta banque ne sait pas résoudre le problème […] Il te reste la prostitution. Vu que t’es beau gosse, ça peut bien payer. »

Il est drôle mon p’tit frère non ?

Sur cette entrefaite, je me décide à aller prendre renseignement à la source. Au bureau Western Union de la 21eme rue (qui a le mérite de se trouver en face de la Copelia, le glacier dont j’ai déjà parlé et dont je suis à force devenu un habitué).

Et un agent très aimable de m’expliquer qu’effectivement, à cause de l’embargo américain, Western Union ne peut réaliser des transferts de fonds vers Cuba qu’à partir de deux pays au monde : Porto Rico et … Les Etats Unis !!!

Elle est pas bonne celle là sérieux ??? J’ai envie de dire : « what the fuck ??? »

Tout simplement Kafkaïen…

Une autre heure à me creuser la tête afin de trouver une solution avant d’envoyer un mail « sos » à Guillaume, mon premier boss à la Sogé, devenu un ami et expatrié aux US. Qui  si tout se passe bien pourra me débloquer dès demain.

Car là ça devenait chaud. J’ai tapé dans ma caisse d’urgence et il me reste grosso modo 5 jours de vie à Cuba avant d’être à sec. Avec tous les frais exceptionnels, c’est parti à 200 (euros) à l’heure.

Gérer un problème comme celui-ci est chiant en France, difficile à l’étranger, éreintant à Cuba. C’est dur à faire comprendre mais il est tellement compliqué et onéreux de communiquer vers l’extérieur que ça en devient oppressant. Aujourd’hui, nouvelle rencontre avec un super petit couple de français qui eux subissaient des travers administratifs et avaient grand mal à s’en sortir. Et comprenaient bien que je puisse péter un câble !

Du coup, c’est vrai que j’ai le désagréable sentiment de ne pas avoir assez profité de La Havane, sans être totalement passé à côté car les côtés que j’ai « kiffés » sont nombreux.

Mais en sortir dès demain, pour partir vers le sud, est quand même un grand bol d’oxygène.

Ne me reste plus qu’à prier que ma carte arrive vite. Il me faudra alors prendre la décision de rester un peu plus longtemps sur l’île ou de filer vers ma prochaine destination. Tout en sachant qu’il faudra définitivement que je choisisse entre Panama et Colombie.

2 Comments on “Kafka était Cubain”

  1. Sammy DS Says:

    Ton petit frère à raison, d’autant plus, tu vas finalement rentabiliser tes abonnements du Club Med Gym!

    (sinon, j’adore tes articles, je suis fan!)

  2. marylène Says:

    Et oui c’est difficile d’obtenir des choses à Cuba;la vie sera bcp plus tranquille qd tu auras quitté la Havane.ça reste néanmoins un magnifique pays! Allez courage!