Le pied

Cela fait quasiment deux semaines – et mon article sur l’ascension du Barù – que je ne me suis pas retrouvé devant mon clavier pour écrire. Aucune envie. Je dois avouer que le faire aujourd’hui me coute d’ailleurs énormément et sans le petit coup de pied au cul asséné par mon cher et tendre ex-voisin et ami du 18ème  (qui se reconnaîtra), il est probable que ma prose rouillée et grasse (mille pardons) ne s’étalerait pas devant vos petits yeux… Qui doivent commencer à s’interroger sur ce silence inhabituel.

Après Boquete, j’ai rejoint Brett et Christian, mes compagnons de grimpette, sur l’archipel de Bocas del Toro, côte Caraïbes du Panama. Cinq jours qui m’ont permis de commuter en mode « lazy » et d’avoir pour la première fois cette sensation étrange que j’arrivais de manière effective à prendre mon temps. Cinq jours qui au-delà de l’aspect touristique m’ont permis de faire des rencontres inoubliables et qui mériteront de toute façon un billet à part entière dès que j’aurais un tant soit peu retrouvé la foi. Car ces cinq jours eussent été parfaits si je ne m’étais pas réveillé un beau matin sans pouvoir marcher ou presque.

For short : ce que je prenais pour une simple contracture a littéralement dégénéré. Injections et anti-inflammatoires m’ont permis de tenir le coup (et d’entretenir un certain déni sur la gravité de la situation). De retour à Panama City depuis vendredi dernier, je ne peux avancer plus loin dans mon périple et dois subir des examens plus poussés dès demain. Le scénario le plus optimiste ? Sur-inflammation des muscles inférieurs des deux jambes (le terme technique est périoste !). Le pire ? Fractures de fatigue au niveau du tibia et/ou des chevilles. Dans les deux cas, je suis condamné à faire pour un certain temps ce que je déteste le plus au monde : rien.

Bref, autant vous dire que je traverse un moment un peu difficile, moralement et physiquement. Je pensais avoir épuisé mon crédit de « bad luck ». Même si le but n’est évidemment pas de parcourir en long et en large tous les pays que je visite, je ressens comme une impression latente de « passer un peu à côté ». Je ne suis ni assez stupide, ni assez égocentrique pour oublier le fait « qu’il y a plus grave dans le monde ». Et qu’en théorie, je vais pouvoir mettre à profit ce moment de calme pour faire autre chose et prendre du recul, que c’est aussi une épreuve dont je sortirai potentiellement plus fort. Mais en pratique, je vous le dis : ça fait chier. Et seule l’incroyable gentillesse de mes hôtes arrive à atténuer ce savoureux mélange de frustration, de colère et de tristesse qui m’anime aujourd’hui malgré mes trente deux automnes révolus.

11 Comments on “Le pied”

  1. Laure Says:

    Pas envie d’écrire, pas envie d’écrire, OK! mais nous on s’inquiète…!
    Repose toi bien et prend soin de tes petits petons…
    Grosses Bises
    Laure

  2. niokiontheroad Says:

    Aie Aie Aie, J’espère que ça va bientôt s’arranger et que tu vas continuer à nous raconter tes aventures !

  3. Hélène Says:

    Effectivement, on commençait à se poser des questions… Je pensais plutôt que tu avais enfin croisé la route d’une chèvre péruvienne (!!!!!), ou d’une charmante jeune fille… Désolée d’apprendre tes déboires… Remets toi vite, bon courage!!

  4. Francois Says:

    rejouis toi a panama tu devrais etre bien soigné, dans certain pays on t aurais deja coupé le pied en pretextant que t en avait un 2eme.
    courage fab ! on est avec toi

  5. Poussin Says:

    T as pas bousillé ta pédicure au moins?! Nan parce que je m inquiete…

  6. marylène Says:

    pas d’inquiétude s’il s’agit d’une périostite,ça passe avec le repos.ça résulte d’une sur activité physique et d’un équipement mal adapté.si t’as besoin de plus d’info,demande moi,j’en soigne très svt.Bon courage.Bises.

  7. christine Says:

    Hello l’ami, Ce n’est pas le pied ! Il me tarde de savoir comment tu vas à ce jour… Je me doute de ce qui se passe dans ta cabeza, pendant mon tour j’ai été un peu freinée en NZ avec une méga entorse (sans aucune gravité pour la suite) et découvers l’efficacité des massages Maoris ! Lache pas ! le Baru valait sûrement l’effort et du repos forçé aura bien une petite récompense imprévue ! Une belle fille du Panama va bien adorer l’accent du p’tit Français qui a mal ! Au plaisir de te lire. Christine

  8. Francois Says:

    sniff fab, como va ?

  9. rendolet emmanuelle Says:

    je pense bien à toi et à ton pied… Courage!

  10. Frederique Says:

    Je compatis! J’ai eu une fracture de fatigue du pied la veille d’un départ au Japon! Pas très pratique dans un pays où on se déchausse à chaque entrée! J’étais boostée par les medocs de Sun Young et j’étais dans le déni jusqu’à marcher 12km! Courage! Bizx
    Frédérique

  11. carolyne.tardy@gmail.com Says:

    Hello
    je viens de voir ton post sur fracture de fatigue et perioste – j’ai fait la même il y a 2 an. Super kiné (partie s’installer à la réunion) qui connaissait très bien le pb. et ne me demande pas pkoi mais elle m’a demandé de réduire les protéines (1 fois tous les 4 repas) et l’inflammation a disparu super rapidement. Ca vaut le coup d’essayer car c’est super douloureu de mémoire. Bon rétablissement Caroline