Salta la linda

Après 22 heures de bus et 1500 kilomètres parcourus (l’équivalent d’un aller retour Paris – Montpellier, autant dire une paille), me voilà arrivé dans la petite ville de Salta (470 000 habitants) au nord-ouest de l’Argentine.

Alors 22 heures de bus, ça peut paraître énorme comme ça mais en fait : oui c’est énorme. Qu’est ce que vous croyez ??? Ça m’a rappelé ma jeunesse (vaguement au début des années 2000) quand, étudiant en Irlande, je me retrouvais à enchaîner 4 heures de ferry et 8 heures de bus pour rallier Londres depuis Dublin. Sweet old times.

Heureusement, il y a entre les bus argentins et les bus britanniques le même écart de classe qu’entre l’équipe d’Espagne de foot et son homologue française, ce qui n’est pas peu dire.

Pour de tels trajets, un passager a le choix entre 5 “types” de billet qui sont, par confort croissant : Común, Común con aire, Semicama, Cama Ejecutivo, Cama Suite. Les différences résident principalement dans l’inclinaison possible du siège, l’espace qui vous sépare de vos compagnons d’infortune et le niveau de service “extra” (je parle là des éventuels repas servis, pas de la présence d’une strip-teaseuse).

Bon, j’ai voté Bayrou en 2007 – c’est dire si je suis foncièrement de gauche – alors Cama Suite, je ne peux m empêcher de trouver ça bourgeois, odieux, révoltant, franchement, au 21ème siècle, la lutte des classes, l’Internationale, tout ça tout ça … Mais Cama Ejecutivo, ça va :)

Si je m’étais appelé S. Kubrick, ou si j’avais été tout simplement sadique, je vous aurais raconté le trajet, minute par minute : “Nous quittâmes Buenos Aires vers 16h00. Dans le port, les marins s’activaient à décharger les cargaisons nouvellement arrivées. Hilares, certains porteños semblaient déjà célébrer le week-end et tendre vers un repos bien mérité bla bla bla”. Mais je suis clément et de toute façon, ça s’est résumé pour moi à écouter de la musique, boire beaucoup d’eau, mettre les pattes en l’air, aller aux toilettes parce que j avais bu trop d eau, tenter de dormir et me retenir de demander toutes les 3 minutes au chauffeur, tel un enfant dans la voiture parentale sur la route des vacances : “Quand est ce qu’on arrive ?”.

Et puis, au réveil de la 32ème micro sieste du parcours, la Cordillère des Andes. Totalement bluffant.

Et finalement, la terre promise, Salta … Sous un cagnard mes amis ! Pffffff, je ne sais pas vous mais moi, je suis bien content que l’été commence enfin.

Ancien bastion colonial espagnol (je rebranche 30 secondes le mode Père Castor), Salta concentre la majeure partie de ses points d’intérêt autour ou à proximité de la place centrale du 9 Juillet.

Citons, dans le désordre;

La Cathédrale :

Le Musée d’archéologie :

L’Eglise San Francisco :

Le couvent Saint Bernard :

Et j’en passe et des meilleures tellement la ville est riche d un point de vue architectural. Quant aux musées, je n’en parle même pas. Cela dit, je les ai allègrement zappés vu le temps (je vous ai déjà dit qu’il faisait beau non ?) pour profiter des quelques espaces verts, dont le Parque San Martin,

Du téléphérique, qui permet de se rendre sur les hauteurs (et d’en prendre plein les mirettes),

Ou d’une terrasse pour un petit repas frugal.

Salta est vraiment une ville très agréable, il fait bon y flâner (ok, y glander …) et je ne l’ai pour ma part trouvée ni surpeuplée ni oppressante (je gage qu’en haute saison, mon discours serait différent …).

Dans tous les cas, quelques kilomètres suffisent pour prendre l’air et profiter de randonnées assez sympas, notamment autour du village de San Lorenzo. C’est ce que j’ai fait, armé de mes plus beaux bas de contention et de mes plus robocopiennes genouillères (je sais que vous adorez les photos de mes jambes),

en compagnie d’Ignacio, guide de son état (une petite pensée pour celle m’ayant “passé commande” d’un mâle local avant mon départ) et Roberto, tout aussi argentin, mais tirant plus vers le Woody Allen hispanophone. Son débit de parole persistant, malgré mon incompréhension évidente, m’a valu une crise de fou rire monumentale.

Malgré l’absence de rencontre véritablement marquante, j’aurais donc profité à plein de ces 3 jours à Salta qui plus que jamais mérite sa devise : Salta, tan linda que enamora*.

Si avec tout ça je ne me fais pas embaucher par l’office du tourisme !

*Salta, tellement belle qu’on en tombe amoureux

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2 Comments on “Salta la linda”

  1. hélène Says:

    Madre de dios!! mais il a toujours sa barbe!!!