Île de Pâques

Vendredi 2 Novembre 2012

Après une nuit blanche à Seattle Santiago, je m’envole ce matin pour l’Île de Pâques (ainsi nommée car découverte … le jour de Pâques. So original), l’une des étapes majeures de mon tour du monde. Je suis comme un gosse le matin de Noël ; je sais que le gros paquet cadeau là-bas au pied du sapin, il est pour moi et que dans quelques heures, je pourrai enfin l’ouvrir. Malgré tout, j’ai quand même un peu de mal à réaliser et je me surprends par instants à vérifier la destination indiquée sur mon billet.

Perdue au milieu de l’Océan Pacifique, à quelques 3700 km des côtes chiliennes, Rapa Nui (le nom polynésien de l’Île) est un des endroits habités les plus isolés du monde : depuis Santiago, il faut environ 6 heures d’avion pour s’y rendre.

Ce temps, je le mets à profit pour draguer papoter avec ma très charmante voisine chilienne. C’est une évidence mais les trésors de l’Amérique du Sud ne sont pas tous répertoriés dans les guides de voyage :).

Arrivé à Hanga Roa, 4400 habitants et seul véritable village de l’Île, je retrouve Audrey, dont j’ai fait la connaissance via un forum de voyage au moment de mon 1er départ et avec qui j’ai régulièrement correspondu ces derniers mois. Egalement en tour du monde, elle termine son volet Amérique du Sud et c’est il y a à peine une semaine que nous avons pris conscience de l’improbable : que nous serions en même temps à l’Île de Pâques ! Avouez que pour une 1ère rencontre, ça claque plus que le Pasta Papa de Montparnasse.

Audrey, c’est un sourire permanent et l’énergie équivalente à une thermo de café que vous auriez mixé avec du Redbull :). Les valises à peine posées, elle nous entraîne, Mickaël (mon nouveau coloc’) et moi-même, vers Anakena, une superbe plage au nord de l’Île dont la légende veut qu’elle soit le lieu d’accostage originel du roi Hotu Matua, le 1er colonisateur de Rapa Nui. Premier contact avec les mythiques Moaï et premiers frissons. Je suis déjà fasciné.

Samedi 3 Novembre 2012

Après une bonne nuit de sommeil et une matinée de repos, nous partons faire un tour rapide dans Hanga Roa. Sous une légère pluie, ce qui est loin d’être rare ici, à cause du climat subtropical. À ma grande surprise, la pression touristique ne se fait pas trop ressentir et c’est vraiment appréciable. Hormis le Rapa Nui, la langue qui se fait le plus entendre est … le Français ! C’est aussi l’occasion de constater une vérité moins agréable : tout est hors de prix, surtout la nourriture !

Le soir, après une rapide « visite » du site de Ahu Vinapu, à l’est de l’Île, nous assistons à un spectacle de danse traditionnelle. Je vous avoue que pendant les 30 premières secondes, je fredonne ironiquement « Bienvenue à Galaswimba ». Mais très vite, je rabats mon caquet et me laisse complètement entraîner. Le fait de voir une grande partie de locaux dans la salle me rassure quant au côté « authentique » du show.

Un peu galvanisés par cette entame de soirée, nous passons une grande partie de la nuit dans une boite locale. Ce qui se passe à l’Île de Pâques restant à l’Île de Pâques, je n’en dirai pas plus :).

Dimanche 4 Novembre 2012

Le réveil est dur en ce dimanche matin et lorsque le buzzer de l’alarme retentit vers 8h, Mickaël y va d’un tonitruant « Quelle idée de m……….. ! ». Sur une suggestion d’Audrey, nous partons en effet explorer la côte nord à dos de canasson (une institution sur l’île, beaucoup de chevaux évoluent en liberté). C’est une partie généralement négligée puisqu’ inaccessible en voiture ou en vélo.

Notre guide est un Rapa Nui pur sucre qui monte pieds nus et sans étriers. Un vrai mec quoi. En ce qui me concerne, j’ai encore des restes de mon expédition chevaline de Mendoza. Autant dire que les premières minutes, je danse la Macarena sur ma selle.

Cette expédition est très vite l’occasion de découvrir que l’Île de Pâques, ce n’est pas seulement les Moaï. Sous nos yeux, des paysages extraordinaires, une côte basaltique splendide et sauvage, propice à la contemplation.

Cerise sur le gâteau, notre pitance du midi est constituée de poisson frais, tout juste pêché par notre guide. De quoi se sentir au plus proche de la nature.

Après 5 heures de déambulations sous un cagnard de tous les diables, nous garons nos montures aux abords de la plage. Une sieste salvatrice et retour au bercail en pickup. Sauf Audrey, qui repartira à cheval. Vous vous nourrissez à quoi du côté d’Avignon pour avoir autant la forme ? :).

Lundi 5 Novembre 2012

En ce lundi matin, le temps est grisonnant mais je prends mon courage à deux jambes et vais louer un vélo. Objectif : faire le tour « classique » qui permet de découvrir les sites mythiques de l’Île. Trois minutes après avoir commencé à pédaler, c’est le déluge et je me retrouve vite trempé jusqu’aux os. Têtu, je poursuis ma route le long d’une mer littéralement déchaînée. Le ciel assombri confère à l’ensemble un côté mystique. J’ai froid mais je suis maso : je surkiffe.

Quinze kilomètres plus tard, j’arrive à Rano Raku, un volcan éteint qui se trouve être le « site de fabrication » des statues. Ce que je ressens à ce moment là est difficile à décrire tant je suis ému. Sous mes yeux, à flanc de montagne, des dizaines de Moai. Comme si les sculpteurs avaient subitement abandonné leur chantier, les statues en sont toutes à des stades de construction différents. Je navigue quasi seul pendant près d’une heure au milieu d’elles, la pluie ayant visiblement découragé la majorité des visiteurs potentiels.

Quelques centaines de mètres plus bas se trouve le site le plus carte-postalien de l’Île de Pâques : Ahu Tongariki et ses quinze Moai, silencieux souverains. Face à eux, je n’ai tout simplement plus de superlatif en stock.

Encore sous le charme de ce que je viens de contempler, je me remets en route sur un chemin de terre bien pentu. Gamin je suis, gamin je reste, je donne un bon coup d’accélérateur avant d’amorcer un petit dérapage de derrière les fagots. Après tout, y’a pas d’âge pour en manger. Ce que je n’ai pas prévu, c’est la position des freins avant/arrière, inversée par rapport à la norme française. Effet immédiat : je pars dans un soleil digne des plus belles années de Suria Bonaly. Conséquences minimes par rapport à la chute puisque je m’en tire avec seulement quelques contusions (et mon appareil photo est miraculeusement intact).

A peine échaudé, je continue ma route et dévale avec un plaisir enfantin les chemins boueux du nord de l’Île que je viens d’atteindre. Quelques minutes pour me ravitailler à Anakena et je repars … Enfin, je tente. Impossible de pédaler, je suis vidé. Je marche quelques instants, poussant mon vélo, mais rien à faire, plus de jus. Heureusement, je finis par me faire prendre en stop (et en pitié) par une famille du coin. Je rentre à l’auberge, heureux, mais dans un état à faire cauchemarder la mère Denis :

Le soir même, Mickaël, Nathalie (une autre française de l’auberge) et moi-même – Audrey est quant à elle repartie – nous rendons dans un restaurant du bord de mer. J’y avale deux dorades ! Obélix, version crustacée.

Mardi 6 Novembre 2012

Requinqué, je me lève tôt pour marcher aux abords du village : la lumière rasante donne aux sites de Ahu Akapu et Ahu Tahai un côté magique. Les Moaï, c’est comme le chocolat, je ne m’en lasse pas.

Je profite de la proximité du musée archéologique pour y faire une visite instructive. J’en apprends un peu plus sur la société Rapa Nui ancestrale et son organisation, les Ahus (qui désignent des espaces sacrés), les Moaï (qui rendent hommage aux ancêtres disparus) et les différentes théories autour des méthodes qui servirent autrefois à les acheminer depuis leur site de fabrication. Passionnant.

L’après midi, je randonne pendant quelques heures vers et autour du volcan Rano Kau, au sud de l’île : il faut se pincer pour y croire.

Je profite de l’effet fait par Charlie (ou Waldo ou Wally, whatever) sur le gardien du site, pour faire un tour gratis dans l’ancien village cérémonial d’Orongo.

Pour conclure ma journée, et mon séjour, j’admire le coucher de soleil sur l’Océan Pacifique. Demain, je retourne déjà à Santiago. Ma semaine ici sera passée à une vitesse folle et je repars la tête pleine d’images et de souvenirs de cette île fabuleuse.

PS: énoooooooooooormes bisous à Audrey, désormais en Nouvelle-Zélande ; un sacré phénomène que j’espère bien recroiser pour un bout de chemin en Asie du Sud-Est !

15 Comments on “Île de Pâques”

  1. audrey28c Says:

    Ahhhhh j’tais ptdr en lisant ton article, merci pour ton hommage !! pour l’énergie, c’est un secret Rapa noui, il faudra qu’on se revoit pour que je t’en dise le secret .. Tu squizzes la Nouvelle Zélande, et on se fais la même à
    dos d’éléphant !! pleins de bisoussss

  2. Coco Says:

    Wahou ça fait plaisir de te lire! Je te sent heureux et ouvert à 300% sur le voyage! Les photos et tes récits sont géniaux! Merci e partager cela avec nous.
    Ta jambe ne te fait plus souffrir?
    Plein de gros bisous

    • Fabien Says:

      Merci !!! La jambe tient le coup, je reste aux aguets mais ça va !!! Gros bisous ma poulette, j’espère que tout va bien à Toulouse !

  3. hélène Says:

    Fabuleux! T’es mieux que le guide du routard pour donner envie de voyager!
    bizz
    PS: J’ai raté Charlie?

    • Fabien Says:

      Ah ah c est super gentil ca !!! Merci bcp !!!

      • christine Says:

        Bonjour Fabien, ravie que tu es repris ta route…voir ton chemin :-)
        Mon rêve l’île de Paques, lorsque je suis partie faire mon tour Air New Zealand venait d’arrêter son escale en cet endroit !! donc RDV raté ! peut être un jour…Merci pour cette balade fantastique avec tes photos et ton savoir “écrire mieux que dans un guide”. Bien à toi, bon vent ! Christine (amie de Lydie boulot)

  4. santa Says:

    Je pense que je vais me lancer dans l’export de rasoirs en Amérique du Sud… Ca a l’air de manquer cruellement là-bas

  5. francois Says:

    J espere que tu as ramene des. Oeuf et des cloches :)

  6. Fauconnier Alain Says:

    Salut je suis Alain un amis de Dominique et Claude (de Montargis) quel plaisir de ce balader dans ton monde profite bien et fait nous encore rêver !!

Trackbacks/Pingbacks

  1. Auckland « Aklima28 - November 9, 2012

    […] l’article de Fabien avec qui j’ai passé une partie de mon séjour sur l’île. (https://whereisfabien.com/2012/11/06/ile-de-paques/ […]