Chiloé

Dimanche 18 novembre 2012

En ce dimanche, je prends la direction de l’île de Chiloé, un « must » que j’avais coché avant mon 1er départ : si je me suis pris à aimer la montagne, j’adore les paysages marins et les villages de pêcheurs. Des gens qui me fascinent totalement : la dureté de leur métier, leurs visages souvent burinés par le vent et les éléments, leur « simplicité » (dans le sens positif du terme !) me touchent. Je trouve poétique leur façon de se soumettre à la nature et à la mer qui les nourrit. C’est toujours une sacrée leçon d’humilité pour le citadin que je suis devenu.

Pour servir de base à mon exploration (j’ai prévu 5 jours), je me base dans la « capitale » de l’île, la ville de Castro, que l’on m’a vivement recommandée.

Et tout commence on ne peut mieux : au sortir de la station de bus, je fais la connaissance de Carmen, Espagnole, et Alejandra, Vénézuélienne (je sais, je ne rencontre que des filles en ce moment). Elles résident toutes les deux à Santiago et m’invitent à déjeuner pour essayer la spécialité culinaire de Chiloé, le Curanto, une espèce d’association improbable de fruits de mer, de viande (porc et poulet) et de pommes de terre. Un plat aussi surprenant que délicieux !

Photo extraite d’un site web car appareil photo oublié : mais c’est exactement le même que j’ai eu !

Il reste quelques heures avant le coucher du soleil et je ne peux que me féliciter de ce timing parfait : c’est le temps que je compte consacrer à la visite de Castro et de ses palafitos, les maisons colorées sur pilotis qui la rendent si caractéristique. J’attrape une carte à l’office du tourisme et me mets en route.

Au bout d’un quart d’heure à suivre le « circuit touristique », je ne me sens pas franchement à mon aise et j’essaie de refouler ce sentiment qui commence à grandir en moi : je trouve Castro hideuse. Même le bord de mer ne parvient pas atténuer mon impression.

C’est étrange : depuis bientôt deux mois que je voyage, je me suis découvert une certaine capacité à l’enthousiasme permanent ; « oh la belle montagne », « oh la belle maison », « oh la belle suédoise » etc etc… À tel point que je me fais parfois l’effet d’un bisounours en chaussures de rando. Mais là, absolument rien ne parvient à déclencher un ersatz de début d’hypothèse de commencement d’émotion.

Têtu, je finis par me dire que tout cela va passer quand j’apercevrai les premiers palafitos.

Bppppp.

Failed again.

Certes, l’arrangement des maisons est plutôt atypique mais l’incroyable quantité de déchets qui jonche leurs abords (pas forcément visible sur les photos) ternit sacrément l’ensemble. Et je ne considère pas que ça relève d’un romantisme maladif que d’avoir du mal à m’extasier devant une décharge à ciel ouvert.

Je rentre à l’hostel au bout de deux heures, passablement déçu. Hormis l’église, tout en bois (plusieurs de la sorte parsèment l’Île), rien à ne se « mettre sous la dent ». Je ne cherche absolument pas à faire du tourisme “accumulatif” (Le meilleur exemple étant Mendoza : la ville n’avait aucun attrait particulier et m’a pourtant laissé un souvenir formidable) mais là, franchement …

Bref, on verra demain.

Lundi 19 novembre 2012

Pour oublier mon impression négative de la veille, je décide de me rendre au parc national de Chiloé, à l’ouest de l’Île. Un peu de nature et de marche : voilà bien de quoi me requinquer !

Le nord du parc n’étant pas vraiment pas accessible, je prends un bus pour Cucao, point d’entrée de la partie sud. Que j’aurais tout simplement manqué si Chloé et Damien, un sympathique couple de français, ne m’avaient pas réveillé :) !

Après nous être acquitté des droits d’entrée, nous nous mettons en marche.

Quarante cinq minutes plus tard, c’est fini.

Je remets alors en perspective la remarque que m’avait faite une polonaise à Puerto Varas : « The Chiloé National Park ? It’s a f… joke ! ». Je m’étais alors dit qu’elle exagérait. Grave erreur. Seule une petite balade en bord de mer parvient à me réconcilier temporairement avec l’Île.

Dans le bus du retour, je suis un peu dépité. Je ne suis pas habitué à ça. Je n’aime pas ce que je vois ou fais depuis 48h et j’ai un peu de mal à me l’avouer. J’en parle à Chloé et Damien. Ils ressentent la même chose : depuis 3 jours, ils vont de déception en déception. Notamment à propos des petites îles « authentiques » dont on leur a rabattu les oreilles et qui constituent mon programme du lendemain. Râlage franco-français ? Pas vraiment puisque mes compagnes de déjeuner de la veille, que je retrouve plus tard, ne semblent pas non plus déborder d’enthousiasme.

Enough is enough, j’opère un grand de coup de cutter dans mon programme : en fin d’après midi, je me remets en route pour Puerto Varas. Dans l’absolu, ça m’arrange presque : je peux regagner l’Argentine plus tôt que prévu.

Je mets à profit le trajet pour dresser le bilan de mes 3 dernières semaines : j’ai vraiment adoré le Chili. Valparaiso, l’Île de Pâques et Pucòn m’auront procuré des émotions uniques que je chéris comme un véritable trésor. Malgré tout, mon expérience personnelle de Chiloé me rappelle que la découverte d’un pays – aussi formidable que soit l’aventure – est en tout point semblable à une relation amoureuse : la passion 24h sur 24 n’existe pas.

Mais là, personne ne m’en voudra si je vais voir ailleurs.

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6 Comments on “Chiloé”

  1. Pierre Says:

    Coucou,
    Je vois que tu mentionnes le fait de revenir en argentine. Je suis de l’autre coté du Volcan, le grand là ;) pas loin loin un peu au nord à San Martin de los andes et devrait arriver à Bariloche dans 2 jours. Peut être que l’on se croisera là bas ou plus au sud vers les glaciers ;) C’est cool que tu défriches le coté chilien, tu me donnes une idée des bon coins et de ceux à éviter ;) Bon voyage et peut être à la revoyure !

    • Fabien Says:

      Ah je pars vendredi de Bariloche ! On va se croiser à la station de bus alors :) ! J’espère que tout va bien de ton côté. A plus dans le sud :)

  2. Poussin Says:

    Laquelle est Carmen? Laquelle est Alejandra sur la photo?

  3. audrey28c Says:

    J’ai bien fais de pas le faire ce coin dis donc !!! En tt cas il fait très série noire, ton article tu as la musique d’horreur qui va avec ? … :) mon pauv’ pense qu’à Bariloche, El calafate et El chalten tu vas surkiffé, parole de globe trotteuse , bisous