Ko Samui et Ko Pha Ngam

Mercredi 26 décembre 2012

Après 12 heures de bus et de bateau, pendant lesquelles la partie féminine de notre équipe de choc s’endort sous l’étroite surveillance de Charlie,

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nous arrivons en matinée à Ko Samui, île du golfe de Thaïlande appartenant à la province de Surat Thani.

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Quelques démêlés avec les transporteurs locaux plus tard – un backpacker reste un touriste et donc un pigeon potentiel – nous posons nos sacs dans un petit hostel en bord de plage. Il fait chaud, il fait beau, la mer est claire : ça sent franchement bon les vacances et il ne nous faut pas longtemps avant d’étaler nos serviettes et nos petits corps cassés par le trajet (un bus thaïlandais n’est pas un bus argentin mes amis) sur le sable blanc.

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La journée se déroule tranquillement (on est en vacances on vous a dit), entre barbotages et grignotages de fruits frais. En fin de journée, je me laisse de nouveau aller à ma passion naissante : une petite grand-mère propose ses services (on se calme les esprits pervers !) sur le bord de mer et j’avoue qu’un massage avec les vagues en fond sonore, je me dis sur le coup que ça a « de la gueule ».

Une heure plus tard, j’ai l’impression qu’un train m’est passé dessus. Ma petite mamie, sorte de « Tortue Géniale » thaïlandaise (pour ceux à qui ça parle), m’a mis KO. « You broken » me dit-elle en rigolant dans son anglais balbutiant. Sans blague : avant ou après le massage ? Ce qui est certain, c’est que je ne m’essaierais pas à lui piquer son sac dans la rue.

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Passée l’impression « on m’a tabassé avec une batte de baseball », je me sens diablement relâché et détendu. Incroyable.

Moins d’une heure après, je suis sur mon lit, les paupières lourdes, mais loooouuuuuurdes. Et sans tarder, je file vers ce qui constitue sans aucun doute ma meilleure nuit de sommeil depuis 3 mois.

Jeudi 27 décembre 2012

Après avoir hésité sur le moyen le plus adapté pour visiter l’île, nous optons pour un « tour » organisé. La location de scooter nous est finalement apparue un peu « limite » : les deux-roues ne sont pas assurés sur l’île, et tout dommage fait au véhicule est à la charge du conducteur, ce qui génère un nombre incroyable d’arnaques de la part des loueurs. Et puis avouons-le, c’est quand même bien pratique de se faire « trimballer ».

En début de matinée, une jeep de l’agence par laquelle nous passons vient nous chercher et nous faisons la connaissance de nos compagnons du jour, pour la majeure partie anglo-saxons. Notre 1er arrêt est un centre où nous allons pouvoir approcher de près des éléphants et des singes. Chic chic chic.

Quand nous arrivons sur place, c’est le choc : des centaines de touristes déambulent dans ce qui s’apparente à un Disneyland animalier. Une dizaine de « guides » canalise tout ce joli monde, s’assurant que les temps pour chaque « attraction » sont bien respectés. Audrey positive : après tout, si le fond est bon, on passera sur la forme.

Mais le « monkey show» auquel nous assistons nous laisse complètement abasourdis. Les singes, dressés, enchaînent des numéros délirants. C’est le cirque au sens premier du terme. Quelques minutes plus tard, rebelote avec les éléphants. Audrey est atterrée, Audrey s’énerve. Il est vrai que nous sommes en complet décalage avec les autres touristes qui regardent tout ça en rigolant sans sembler choqués du manque d’authenticité. A leur décharge, beaucoup tournent déjà à la bière. Il est dix heures du mat’.

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Après 8’32’’ de « trekking » à dos d’éléphant et un simulacre de combat de boxe thaï (ne me demandez pas ce que ça venait faire là dedans), nous remontons dans la jeep. Deux autres attractions chronométrées plus tard (la momie d’un moine, les rochers dits de Grand-père et de Grand-mère, en forme d’organes génitaux masculin et féminin – sic),

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nous arrivons au pas de course sur le lieu de notre déjeuner, en pleine « jungle ». Nous avalons rapidement notre pitance et décidons de profiter de notre heure de quartier libre pour aller trekker un peu en dehors des sentiers battus. Notre guide nous a défendu de sortir d’un certain périmètre mais pour être honnête, notre guide commence sérieusement à nous emme… (Je censure, j’ai promis à ma génitrice de ne plus jurer dans mes billets).

Nous voilà donc partis en mode grimpette – un peu de liberté dans ce monde de brutes – et nous nous retrouvons 20 minutes plus tard au pied d’une cascade dans laquelle, tels deux gamins faisant l’école buissonnière, nous prenons un plaisir immense à barboter.

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Nous hésitons un instant à redescendre – après tout on peut toujours rentrer en stop – mais par respect pour les autres touristes de notre équipée (que l’on fera invariablement attendre si nous ne montrons pas le bout de notre nez), nous rejoignons la jeep, direction ce qui va s’avérer le clou de la journée.

Quand sur la brochure d’un tour, vous voyez marqué « Photo avec des tigres », vous supputez – point besoin d’avoir fait une grande école – que vous allez pouvoir prendre une photo avec des tigres. Right ? Vous êtes candides, c’est mignon. Car lorsque nous arrivons sur le site où nous sommes censés approcher Tigrou & co, il nous faut payer une somme supplémentaire de 300 baths. C’en est trop pour ma petite Audrey qui s’est contenue toute la journée et qui finit littéralement par exploser. « We paid for it, it’s on the brochure, it’s not for the money, it’s a … comment on dit question de principes Fabien ?». Je traduis et acquiesce, tout en surveillant du coin de l’oeil les autres personnes présentes et qui pour une fois sont du même avis.

La petite chauffante semble faire son effet sur les gardiens du site qui finissent par nous laisser passer.

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Pour nous demander de ranger nos appareils photos quelques secondes plus tard ! J’ai déjà Charlie dans les mains, occupé à le shooter avec un gros tigre en arrière plan, quand je sens une main sur mon épaule qui commence à me tirer en arrière.

Bon je suis plutôt du genre tactile comme garçon, je n’ai strictement rien contre un hug de temps en temps. Mais dans le cas présent, avec la tension ambiante, je suis passé en mode Patrick-Swazie-Dirty-Dancing : « ceci est mon espace, ceci est ton espace ». Et c’est donc mon tour de faire sauter le couvercle de la marmite : « Tu retires ton bras tout de suite ou je te jure que j’te fous un coup de boule ». Hors de moi, je parle en français. Mon « interlocuteur », dont j’estime le degré de francophilie à 0, semble malgré tout comprendre le message et recule. Pour aller se saisir d’Audrey ! « Don’t touche me, don’t touche me » (avec l’accent ;)). On nage en plein sketch.

Quelques minutes plus tard, nous sommes de nouveau dans la jeep. Je regarde Audrey qui me regarde et nous partons d’un gros fou rire. Sous les regards plus qu’amusés de nos compagnons d’aventure.

La journée se termine plus sereinement avec la visite des sites du jardin magique (des dizaines de statues de pierre dissimulées autour d’une cascade) et du Big Bouddha, 12 mètres au garrot.

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Un moment qui restera à n’en pas douter dans les annales de nos tours du monde respectifs.

Vendredi 28 décembre 2012, Samedi 29 décembre 2012

Après notre journée mémorable de la veille, nous retournons à une valeur sûre : la plage. Pragmatiquement, il y a une autre raison pour laquelle nous désirons conserver nos forces aujourd’hui : nous participons le soir même à la Full Moon Party sur l’île de Ko Pha Ngam.

La Full Moon quoi ?

Wikipediaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa !

La Full Moon Party (“fête de la pleine lune”) est une fête récente qui se déroule en Thaïlande, sur la plage de Haad Rin, à la pointe de l’île de Ko Pha Ngan (golfe de Thaïlande). Elle a lieu à la pleine lune de chaque mois de l’année.

Les plus importantes Full Moon Party se déroulent en pleine saison touristique, où elles peuvent rassembler près de 20 000 personnes (NDLR : dans notre cas, ça sera entre 25000 et 30000)

Recommandée aux amateurs de musique électronique (House, Drum and Bass, Psy trance, Goa, etc.), on peut trouver aussi beaucoup d’autres styles.

Après une heure de ferry, nous débarquons donc sur le lieu de la soirée vers 19h et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il y a déjà une sacrée ambiance : des milliers de personnes déambulent dans les rues adjacentes à la plage, occupées à parfaire leur accoutrement au moyen de quelques accessoires fluos (il y a un dress code implicite !), à se faire tatouer des motifs divers et variés à l’aide de peintures phosphorescentes ou bien à commander un nème bucket (« seau » en anglais). Ah oui, lors de la Full Moon, on ne boit pas dans des verres mais dans des seaux. Et pour des prix complètement dérisoires.

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Nous parvenons enfin sur le sand-floor (36 15 english calembour) et je réalise pleinement l’ampleur de la chose : une dizaine de bar-boite, une marée de gens qui sautent, dansent, rigolent, se baignent tout en chantant, je n’ai jamais vu ça. Nous rejoignons des amis d’Audrey et nous nous trémoussons sans (presque) discontinuer jusqu’à … 8h le lendemain !

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Le lever du soleil constitue un des moments forts de la fête : les pieds dans l’eau, occupés à se déhancher au rythme d’une musique qui n’a pas cessé depuis 12 heures, les gens applaudissent. C’est juste irréel. Comme l’est l’état de la plage à ce moment là : une vaste décharge parsemée de bouteilles vides, de buckets et de tongs perdues. Une impression de fin du monde.

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Vers 9h, nous rentrons sur Ko Samui. Nous récupérons nos sacs, prenons une douche rapide et filons attraper notre ferry pour notre nouvelle destination. Complètement épuisés, nous nous endormons à tour de rôle. Dans ma tête tourne en boucle le clip de ce qui constitue déjà une soirée inoubliable :

Une petite note moins rigolote pour finir : la profusion d’alcool et de substances illicites lors de la soirée oblige à un minimum de vigilance, surtout pour les filles. Il est donc préférable de venir et de rester en groupe. Aussi, pour les messieurs, garder son sang froid et ranger au placard ses instincts belliqueux stimulés par la boisson apparait comme la 1ère des règles.

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