Ko Lipe, un p’tit goût de paradis

Jeudi 3 janvier 2013

De bon matin, me voilà en route pour Ko Lipe, petite île située dans l’archipel de Adang-Rawi au sud-ouest de la Thaïlande, à quelques encablures seulement de la Malaisie.

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Lors du transfert en bus jusqu’à Pak Bara, je fais la connaissance de Melenia et Angelos, deux amis grecs vivant respectivement à Londres et à Paris. Enfin, je fais surtout la connaissance de Melenia, puisqu’Angelos, aussi incroyable que cela puisse paraître vu l’espace étriqué dont dispose chacun, dort (mais ne ronfle pas, le grec est poli) comme un loir.

Arrivés à Pak Bara, nous embarquons sous des trombes d’eau dans un speed boat qui nous emmène en une petite heure de temps vers notre destination finale.

Ko Lipe ne faisant pas partie du parc national Tarutao voisin, les lois et la législation en vigueur pour ce dernier ne s’y appliquent pas. En clair, cela laisse aux promoteurs plus ou moins respectueux le loisir de construire à tout va pour satisfaire les besoins grandissants du tourisme. Malgré tout, il n’existe (encore) aucun port ou jetée et le débarquement se fait directement sur la plage : c’est plutôt funky (ou galère, suivant l’équipement à disposition :)).

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Après nous être délestés de nos affaires dans nos hostels respectifs, nous profitons pleinement du soleil (revenu par la porte de derrière) sur l’une des 3 plages de l’île: Pattaya beach. C’est sans doute la plus touristique, avec de nombreux bars à ciel ouvert, mais le calme relatif (pas de boum boum ou de sujet de sa majesté en train de vomir bruyamment sa picole de la veille. J’ai un petit contentieux avec eux mais ça va passer) fait que l’on s’y sent bien : l’ambiance est « laid back ». L’eau est tellement claire qu’il est presque superflu de disposer d’un masque pour entre-apercevoir les nombreux résidents sous-marins locaux.

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En fin d’après-midi, nous nous promenons le long de la seule vraie rue de l’Île (appelée « Walking Street », on sent qu’un bac+5 marketting a planché sévère sur la terminologie), artère commerçante où sont rassemblés la majeure partie des restaurants, bars et autres agences de tourisme. Cette rue n’existait pas il y a 5 ans et au dire de certains, elle est la preuve flagrante que l’île perd son âme. Malgré tout je trouve qu’il n’y a rien de démesuré ou choquant : j’ai un peu le sentiment d’être revenu quelques mois en arrière à Bocas del Toro, au Panama, le meilleur moment de la première partie de mon voyage.

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Nous passons la soirée au “Tatoo Bar”, le bien nommé indeed : les shops de tatouages pullulent sur l’île. Ouverts jusqu’au bout de la nuit, ils permettent à chacun de concrétiser, à toute heure et à tout degré d’alcoolémie, le vieux rêve inavoué d’avoir un papillon imprimé sur l’arrière train.

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Vendredi 4 Janvier 2013

Nous consacrons notre journée à l’exploration des autres plages (Sunrise Beach et Sunset Beach, la plus authentique) ce qui nous permet de traverser Ko Lipe en long et en large. Nous croisons quelques uns des ressortissants de la communauté originelle de l’île, gitans des mers venus de Malaisie, les ‘Chao Lei’. Aujourd’hui en minorité, ils se trouvent « surclassés » par les Thaï venus du continent et les « occidentaux » tombés amoureux de Ko Lipe, s’y installant pour ouvrir qui un restaurant, qui une école de plongée.

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En soirée, nous profitons d’un des nombreux bars de plage, sirotant nos verres tout en admirant le ciel étoilé. Et franchement, ça en jette.

Samedi 5 Janvier 2013

Mes deux comparses grecs repartis à contre cœur vers Londres et Paris, je me retrouve en proie à un petit dilemme. J’ai réservé mon train de retour sur Bangkok pour le lendemain, afin de filer ensuite vers le nord.

Mais à vrai dire, je n’ai pas du tout envie de partir. Il fait un soleil de fou, je n’ai pas encore épuisé toutes mes velléités de snorkelling, ma gambette me taquine à nouveau, autant de raisons qui me poussent à penser que passer quelques jours de plus ici est finalement la meilleure des options.

Votre décision Robert ?

Heu …

Je reste Julien !

On applaudit Robert !

Dimanche 6 Janvier 2013

Je passe ma journée sur la plage à décortiquer un Lonely Planet de la Thaïlande, abandonné par un des backpackers de l’auberge où je réside. Je m’essaye à l’apprentissage de quelques mots supplémentaires de Thai : cela m’a pris 2 semaines pour maîtriser le bonjour et le merci (généralement suffisant pour se mettre l’autochtone dans la poche) mais un nombre de portes supplémentaires me seraient indéniablement ouvertes avec la version locale du « Ton père est un voleur, il a pris toutes les étoiles du ciel pour les mettre dans tes yeux ».

In progress :)

Lundi 7 Janvier 2013

Oh je suis méchamment chafouin en ce lundi matin : réminiscence inconsciente des débuts de semaine laborieux ou simple coup de blues, je ne sais pas mais en tout cas, j’aime pô, j’aime pô, j’aime pô.

Je me décide donc à louer un canoë pour faire le tour de l’île et après quelques coups de rame, je me sens déjà mieux : l’exercice physique est vraiment le meilleur régulateur de mon humeur.

Après ces quelques coups de rame, j’ai aussi fichtrement mal aux bras (déjà) : qu’il est loin le temps du club Med Gym ! (Je comprends en tout cas pourquoi Tony Estanguet est bâti comme une barrière de péage)

Après une heure, j’atteins l’île d’Adang, située juste en face de Ko Lipe

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Je m’échoue (littéralement) sur la plage et après quelque minutes pour reprendre mon souffle et constater que mes bras sont désormais plus gros que mes cuisses (ce qui je vous l’accorde n’est pas bien difficile), j’ouvre grandes mes oreilles.

Etrange ce bruit.

Je me concentre un instant.

Hmmmm…

Aucun doute.

C’est le bruit …

Du silence ! (Et un oxymoron pour la table 4, un !)

Hormis quelques Bernard l’Hermite qui se baladent en famille sur la plage (je suis open minded, je les tolère), je suis seul au monde. Bref, j’ai la barbe, j’ai mon île, appelez moi Robinson.

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Après une petite sieste (je fais ce que je veuuuuuuux !), je remets mon canoé à l’eau, direction la micro-île de Kra autour de laquelle je fais un peu de snorkelling. J’étais complètement étanche (on gagne quoi au bout de 100 calembours ?) à ce loisir avant d’arriver en Thailande mais j’avoue que je suis devenu accroc en très peu de temps. Bientôt la plongée, sans aucun doute.

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Le seul inconvénient d’être seul, c’est bien entendu pour les photos. Mode auto-portrait bras tendu de rigueur !

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En milieu d’après-midi, je rejoins Pattaya Beach pour y rendre mon embarcation. Temps de navigation : 3 h + temps de repos/snorkelling/ baignade : 3 h = 6 h de pur bonheur ! Cela dit, je ne serais pas en mesure de faire un bras de fer avec Mimi Mathy tellement j’ai les biceps en feu ;)

Mardi 08 Janvier 2012

Le mardi, c’est blogging. Et oui, mes articles, je ne les trouve pas dans des paquets de Knacki !

J’ai déjà eu l’occasion de le dire : l’écriture fait pour moi partie intégrante de ce voyage. Alors même si cela me prend du temps, j’aime ça. Et en l’occurrence aujourd’hui, je ne vous écris pas coincé dans un avion ou dans un bus mais allongé sur la plage, face à la mer, dans des conditions plutôt sympas donc.

Seules les nombreuses allées et venues des ressortissantes de la gente féminine m’empêchent de vous être totalement dévoué :)

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4 Comments on “Ko Lipe, un p’tit goût de paradis”

  1. Emmanuelle Rendolet Says:

    C’est super! J’adore te lire, même si ça prend beaucoup de temps sur mon boulot :)
    Les photos sont énormes et donnent bien envie de faire le tour du monde aussi!
    Bisous et très bonne année 2013!

    • Fabien Says:

      Ah ah mais c’est pour la bonne cause, l’éducation nationale ne saurait t’en tenir rigueur ;)

      Bisous et bonne année à toute ta petite famille !

  2. Fauconnier Alain Says:

    Plutot que la bonne année je te souhaite de continuer ton voyage le plus longtemp possible et nous en mètre plein les yeux j’en bave encore !!!!! bon vent Amigo