The Gibbon Experience

Lundi 21 janvier 2013

Me voilà de retour dans la ville de Huay Xai, au nord du Laos, après 14 heures de ce que je peux euphémistiquement qualifier de « pire trajet de bus ever ever ». Malade au bout de 5 minutes de route, j’ai vécu de 13 heures 55 de vraie galère : fièvre carabinée, maux de tête et «désagréments d’ordre stomacal ». Le tout favorisé (provoqué ?) par les conditions du voyage : route sinueuse (verticalement et horizontalement), bus surpeuplé (à tel point que le couloir était rempli par des gens assis sur des tabourets en plastique) et voisins aux glaviots bien sonores (pas de doute, on est en Asie). Au bout d’un moment, j’ai tout simplement échangé mon siège avec un Laotien, occupant une place dans le couloir, afin de pouvoir m’allonger par terre.

C’est donc avec plaisir et soulagement que je retrouve le grand air au petit matin. Quelques heures plus tard, c’est un autre petit vent de fraîcheur qui se met à souffler. Audrey is back ! Enfin, je dis « petit vent de fraîcheur » mais la métaphore éolienne adaptée, c’est « tornade » :). En tout cas, je ne sais pas si elle vous a manqué, mais à moi, oui !

© Audrey

© Audrey

Dès demain, nous partons pour la « Gibbon Expérience », 3 jours/2 nuits à parcourir la réserve naturelle de Bokéo à l’aide de tyroliennes, à dormir dans des tree-houses perchées à 30 mètres de hauteur et à observer la faune locale (notamment les fameux Gibbons). Ca promet ! A noter que sous son aspect ludique, le projet revêt une importance capitale : les fonds récoltés servent à la préservation de la forêt et de ses occupants.

C’est ce qu’on appelle du tourisme responsable!

Mardi 22 janvier 2013

Après deux heures de route, nous arrivons en fin de matinée dans le petit village marquant l’entrée de la réserve de Bokéo. Les maisons y sont toutes en bois ; les enfants, quand ils ne chevauchent pas de gros mastodontes à cornes, courent pieds nus sur les pistes sableuses et les femmes préparent le repas dehors, sur des feux allumés à même le sol. Bref, ça respire l’authenticité.

© Audrey

© Audrey

© Audrey

© Audrey

© Audrey

© Audrey

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Nos guides nous emmènent pour une courte marche à travers la jungle afin de rejoindre notre « vrai » point de départ. Quelques consignes de sécurité très sommaires plus tard et nous voilà harnachés, prêts à jouer les Tarzans (ou Jane). La petite vingtaine d’étrangers que nous sommes est répartie en 3 groupes, en fonction des tree-houses disponibles (une huitaine au total, certaines occupées par les personnes parties les jours précédents) et c’est ainsi que nous faisons la connaissance d’un sympathique couple suisse, nos colocataires pour les 48 prochaines heures.

© Audrey

© Audrey

Quelques minutes plus tard, c’est déjà l’heure de la 1ère tyrolienne. Et devinez qui s’y colle :) ? Ah la fougue de la jeunesse…

Quant à moi, j’avoue que je me sens d’emblée mal à l’aise. Aucune peur particulière mais je suis encore foncièrement patraque à cause de mon trajet de l’avant-veille. De la fièvre et deux poignards au niveau des yeux. Si la 1ère descente est mitigée (j’arrive trop vite et manque de m’emplafonner un arbre), la 2ème est tout simplement catastrophique : à quelques mètres de la plateforme d’arrivée, j’oublie de freiner et me relaisse inconsciemment glisser en arrière, jusqu’au milieu de la zipline. Dans l’obligation de me tracter à la force des bras sur 150 mètres, il n’en faut pas plus pour m’achever.

Quand nous arrivons à la tree house n°3, notre lieu de repos, je suis depuis longtemps en mode automatique. Si j’arrive à m’émerveiller de la vue fantastique, à m’amuser de la présence de reptiliens dans les parages et profiter du coucher de soleil, impossible d’avaler quoi que ce soit (après un mois de riz, c’est mort je sature) et je me couche, un peu chafouin, en espérant juste être d’attaque le lendemain.

© Audrey

© Audrey

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© Audrey

© Audrey

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© Audrey

© Audrey

 Mercredi 23 janvier 2013

Les miracles, ça n’arrive que dans les films : impossible de me lever en ce mercredi matin (malgré les cris matinaux des gibbons !), je suis hors service. Obligé de passer la journée au lit, j’alterne lecture et micro-siestes. Seuls le paysage et mon infirmière personnelle (dont il faut louer la patience parce que je suis d’une humeur massacrante) arrivent à me redonner le sourire.

Jeudi 24 janvier 2013

Il est déjà l’heure de rebrousser chemin et c’est toujours aussi fébrile que j’enfile mon harnais. Je n’ai quasi rien avalé depuis 48 heures et tout le monde est aux petits soins avec moi. Vers midi, nous sommes de nouveau au village. Paradoxalement, le retour s’est plutôt bien passé.

Dans la voiture qui nous ramène vers Huay Xai, je suis pensif et au-delà de ma frustration d’être passé à côté de la Gibbon Experience, l’adage « Il faut savoir écouter son corps » me revient en tête. Je crois que le mien est en train de me dire « Stop ».

Je réalise que je n’ai jamais vraiment arrêté, même pendant ces quelques jours dans le sud de la Thaïlande et que j’ai vraiment besoin de me poser, de ne rien faire, et de m’isoler un peu du flot backpacker. Après 4 mois de voyage, je suis cassé comme jamais et ma jambe ne me laisse désormais plus un instant de répit.

En espérant juste que mon prochain article ne soit pas à classer dans la catégorie … France.

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