Laos, là-bas…

A l’heure où mes petits doigts pas-potelés-du-tout entament la rédaction de ce billet, dans un hostel de Vientiane, capitale du Laos, je suis un peu … ému : dès ce week-end, je serai en effet de retour en France, mes dix jours de repos forcé dans la petite ville de Huay Xai n’ayant pas suffi à me remettre sur pieds (sans mauvais jeu de mot).

Si la décision fut difficile à prendre et à digérer pendant 24h, je dois sincèrement avouer qu’à l’heure actuelle, je ne pourrais pas être plus heureux. Hormis une inquiétude naturelle sur l’état de ma gambette, j’ai hâte de retrouver Paris, famille, amis, bon vin et fromage qui pue.

Après 4 mois et demi, j’ai la tête pleine : de paysages, de souvenirs, d’émotions, de coups de blues/flippe/cœur, de fous rires, de rencontres. Et pour reprendre les termes d’Anna qui rentre elle-même à Vienne dans quelques jours : « I need some time to process ». En bon français, j’ai besoin de retrouver mon environnement naturel et de prendre un peu de recul, pour apprécier ce que j’ai vu et vécu.

Je ne me leurre pas : je sais bien qu’après 15 jours dans l’hexagone, une fois les effusions du retour passées, une fois gavé de viande rouge, de comté et de tiramisu (appel sous-jacent aux hautes instances cuisinières Seine-et-Marnaises :)), je ressentirai, malgré les projets auxquels je compte m’atteler le temps de ma guérison, un énorme vide. Que je scotcherai des heures devant mon planisphère, que mon sac à dos me toisera d’un air de défi, que je planifierai mon nouveau départ.

Le voyage est une drogue pour laquelle il n’existe aucune cure de désintoxication. Rien que pendant ce court laps de temps à Huay Xai, j’ai le sentiment d’avoir vécu 10 vies : tour à tour impressionné par Lara, Hollandaise installée depuis des années dans le pays et gérant une association humanitaire; ému par ma « visite », avec son mari Laotien, aux habitants d’un village Hmong perdu dans les montagnes; surpris par le rituel de donation aux moines bouddhistes; amusé par tous ces gamins dont les « hello ! » espiègles résonnent encore à mes oreilles.

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Paradoxalement, j’en viens à apprécier de plus en plus mon « ancienne vie ». Même si je doute fortement de pouvoir la reprendre exactement là où je l’avais laissée, je me rends compte de « tout ce que j’avais sous le nez », de la multitude de petites choses que je prenais pour acquises et qui me manquent terriblement quand je suis loin. Je ne me considère donc pas (ou plus) comme « en fuite ». Simplement, le voyage m’enrichit plus que la possession d’un écran plat. J’ai fait des choix d’investissement. Ni mieux, ni moins biens, différents.

Tirer maintenant un bilan de la 1ère partie de mon voyage reviendrait à demander ses impressions à un coureur de 100 m qui vient juste de franchir la ligne d’arrivée. Je suis encore tout essoufflé, il me faut du temps. Seule chose que je peux honnêtement dire, tellement évidente qu’on pourrait facilement la passer sous silence : mon périple n’est pas parfait. Il est rempli de hauts, de bas, comporte un nombre non négligeable d’accrocs et de bosses, il est parfois rigolo et attachant, d’autres fois énervant et incohérent.

Oui, c’est bien mon tour du monde.

Aucun doute là-dessus.

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