San Gil : nature, culture, aventure !

Dimanche 9 juin 2013

Après 11 heures de bus de nuit, une correspondance matinale à Bucaramanga et deux nouvelles heures de transport, j’arrive tout-frais-tout-qui-sent-bon dans la petite ville de San Gil (50000 habitants), province de Santander, à l’est de la Colombie.

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Si le voyage depuis Santa Marta me permet de retrouver par hasard Rebecca (rencontrée à Tayrona) et Jonathan (rencontré à Minca), il me donne aussi l’occasion de renouer avec cette habitude délicieuse des chauffeurs de bus sud-américains : diffuser des films à un volume sonore appréciable alors que le passager moyen, bercé par le roulis et le ronflement sourd du moteur, s’engage sur la voie d’un sommeil salvateur. Expérience immanquable pour tout backpacker qui se respecte :) !

A San Gil, je cède de nouveau à un petit moment d’auto-congratulation quant au choix de mon hostel (Il a le nez René). Le Macondo (les fans de Gabriel Garcia Marquez apprécieront le clin d’œil) ne laisse présager que du bon : maison charmante, petit jardin tropical et … Jacuzzi ! Shaun, le propriétaire australien, est installé en Colombie depuis nombre d’années et il fait absolument tout pour faciliter à ses pensionnaires la découverte des environs. Un hôte re-mar-quable !

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Je profite de l’après midi pour faire un petit tour dans San Gil. Si le centre- ville ne présente que peu d’intérêt architectural en dehors de la cathédrale Santa Cruz, on s’y sent immédiatement à l’aise. L’ambiance est très « laid-back » et de nombreux locaux, un verre à la main, discutent à l’ombre des arbres du Parc La Libertad (même si le climat est quand même beaucoup plus supportable que dans le nord !), au niveau de la place centrale. Cette dernière semble le point névralgique de San Gil et ce sont toutes les générations qui s’y retrouvent. Plus particulièrement à l’occasion de ce week-end prolongé.

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La découverte du marché est un vrai bonheur : ouvert tous les jours jusqu’à 14 heures, il permet de s’approvisionner en fruits et légumes frais et de commander jus ou salades de fruits à des prix défiant toute concurrence. Celle sur la photo ci cessous me coûte : 1,40 euro !

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Saperlipopette, cette petite semaine s’annonce bien !

Lundi 10 juin 2013

En ce lundi matin, je pars avec Rebecca en direction du canyon de Chicamocha, à une heure de route de San Gil. La ville est reconnue comme la capitale Colombienne du sport outdoor et je compte bien en profiter : aujourd’hui, c’est parapente !

La vue depuis notre « plateforme » de préparation est tout bonnement fantastique et alors que mon pilote vérifie sa voile, je ressens quand même une petite poussée d’adrénaline. Heureusement, je n’ai pas trop le temps de réfléchir et je me retrouve bientôt harnaché, prêt au décollage. Avec Charlie bien sûr !

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C’est une sensation étrangement paisible de se retrouver ainsi, les pieds dans le vide, à naviguer au dessus du canyon. Inutile de dire que la vue est imprenable.

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Après une petite demi-heure de pérégrinations tranquilles, mon pilote me demande soudain : « Tu aimes les acrobaties ? ». « Ah ah, je suis Français Môsieur et foi de Français jamais je n’ai peuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuurrrrrrrrrrrrr  …»

S’en suivent les 2 minutes les plus longues de ma vie : agrippé de toutes mes forces à mon harnais, je subis 1000, 2000 en fait juste une dizaine de « toupies », me retrouvant parfois quasi à l’horizontale. Je produis une quantité non négligeable de jurons (que je ne retranscrirai pas ici, toujours dans le souci de ne pas me voir déshérité par ma génitrice) entrecoupés de luminescents  « ahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh » et autres « oooooooooooooohhhhhhhhhhhhhh ».

Quand la situation se stabilise à nouveau, j’imagine volontiers le petit sourire goguenard qui se dessine sur le visage de mon pilote. Quant à moi, je sens mon estomac prêt à délivrer un permis de sortie au petit déjeuner copieux que j’ai pris trois heures plus tôt. Fort heureusement, j’arrive à me contenir. Même si je ne peux m’empêcher de penser à postériori que vomir à cette altitude là m’aurait fait un sacré souvenir.

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45 minutes après avoir décollé, nous rejoignons en douceur notre point de départ et Rebecca qui a atterrit quelques instants plus tôt. Que c’est bon de retrouver la terre ferme :)

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Je passe l’après midi à lire avant de rejoindre mon « adrenaline buddy » et d’autres backpackers pour un excellent dîner !

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Mardi 11 juin 2013

Le mardi, c’est rafting. Au programme du jour, la descente du Suarez et des ses rapides de niveau 4 et 5 !

Après nous avoir fait signer une décharge de responsabilité (Vous avez conscience que cette activité peut entrainer la mort), nos guides nous conduisent sur les hauteurs du fleuve. Au Macondo, s’est composé un équipage de 6 personnes : Rebecca (Angleterre), Abby, Mike, Joel et Neal (tous venus du pays de l’oncle Sam) et moi-même.

Une petite demi-heure de « formation » plus tard, nous commençons notre affrontement avec le Suarez. Et comme nous en rendons très vite compte, ce dernier ne faillit pas à sa réputation.

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Des rapides très rapides et des rochers très rocheux ne font baisser que très momentanément le niveau sonore de notre embarcation. Et ce sont véritablement deux heures de fous rires en milieu aquatique auxquelles je prends part ! Tout ça dans un décor plutôt somptueux.

Revenus à San Gil en début d’après midi, nous assistons à la diffusion, sur un écran géant installé au niveau de la place centrale, du match de foot Colombie-Pérou, qualificatif pour la prochaine coupe du monde. Nous participons, sous les sourires de certains locaux, à l’effort général de cohésion vestimentaire. Ce dont nous sommes récompensés par la belle prestation de « notre » équipe, qui l’emporte 2-0 !

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En soirée, Shaun, le manager de notre hostel nous emmène découvrir l’un des « sports » nationaux en Colombie, le Tejo. J’invoque le dieu Wikipedia pour vous en faire saisir le principe global :

Le tejo se joue en lançant une rondelle ou un disque de métal pesant environ 680 g, appelé « tejo », à une distance d’environ vingt mètres, sur une cible carrée, appelée cancha, d’environ un mètre de côté fixée à un angle de quarante-cinq degré par rapport à l’horizontale. La cible est recouverte d’une couche d’argile de sorte que le tejo reste en place. Au centre de la cible se trouve un anneau de métal circulaire appelé « bocín » sur lequel sont placés deux à quatre paquets triangulaires en papier plié, appelées « mechas », qui sont remplies avec de la poudre ou un autre matériau analogue qui explose lors de l’impact. Le but du tejo est de lancer le tejo à l’intérieur du bocín et de frapper les mechas afin de créer une explosion, et finalement marquer le plus de points possible.

Un jeu un peu frappadingue donc !

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Nous mettons un temps certain, avec mes comparses, à acquérir le coup de main. Enfin, quand je dis  coup de main, juste de quoi ne pas envoyer nos tejos sur une piste voisine ou détruire l’éclairage de la salle :)

Une journée dense qui se termine donc bien sympathiquement !

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Mercredi 12 juin 2013

Ce mercredi, nous partons avec l’ensemble des membres de la Rafting Team (minus Rebecca qui s’est envolée pour le Pérou) pour une petite randonnée sur les hauteurs de San Gil, entre Cabrera et Barichara.

La première partie du parcours est plutôt ardue. Ironiquement, nous sommes accompagnés dans notre ascension par des images du calvaire du Christ, régulièrement disposées le long du chemin. Quelle délicate attention !

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Un motif de contentement bien plus grand est le paysage qui s’étale sous nos yeux. Grandiose !

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Après 3 heures de marche, nous atteignons finalement Barichara, petite ville coloniale crée il y 300 ans et dotée de magnifiques panoramas. L’atmosphère y est délicieusement tranquille et nous contentons nos estomacs affamés dans l’un des restaurants de la ville.

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Avant de goûter, en guise de dessert, à la spécialité régionale : les fourmis grillées !

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Une journée sur tous les plans … Savoureuse !

Jeudi 13 juin 2013

Retour aux affaires sérieuses en ce jeudi matin puisque je pars pour une journée complète de mountain bike. Oh yeah !

Je passe pour cela par l’agence d’un autre gringo qui s’est installé dans le coin, Mike, de les Etats Unis de l’Amérique. Je n’en finis plus de compter les « étrangers » venus pour deux semaines en Colombie et qui n’en sont jamais repartis (aucun message subliminal).

Après une demi-heure de route, où je fais connaissance avec mes 9 comparses du jour (parmi eux, un couple d’Irlandais habitant à Dublin … Souvenirs souvenirs …) nous atteignons notre point de départ à une altitude de 2000 mètres. Briefing sécurité de notre guide et ouvreur Suisse, et nous enfourchons nos vélos full suspension à 3000 dollars pièce pour une photo de groupe.

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Et c’est parti !

Les 10 premiers kilomètres sont en descente pure. Après avoir pris la mesure de ma monture, je lui lâche un peu la bride. Sensations garanties avec les nombreuses pierres et crevasses qui jalonnent le parcours et que je prends plaisir à franchir à pleine vitesse ! La dernière portion qui nous mène vers Barichara, notre première étape, est au contraire un vrai mur. Et je crache tous mes poumons pour la grimper !

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Lors de cette 1ère halte, Mike, qui nous suit avec son 4×4 voiture balai, délivre quelques encas bienvenus : de l’eau, des fruits et surtout des petits cookies fait maison délicieux. Le fait qu’il tienne également un restaurant nous assure d’une certaine qualité quant à notre menu du jour !

Pas le temps de chômer et nous repartons déjà : petit tour cyclopède dans le village et 15 kms de descente à fond les ballons (contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’exercice est extrêmement  physique !) jusqu’au fleuve Suarez, dans un environnement toujours aussi magnifique. Grand plateau-petit pignon, je pédale même dans les parties les plus pentues et me sens complètement à l’aise.

Evidemment, ce qui doit arriver finit par arriver : au détour d’un virage dont j’ai sous estimé la courbure, je « tire » tout droit. Et lorsque j’opère une tentative désespérée de  freinage, il est trop tard : je chasse violement de la roue arrière et m’affale de tout mon long. La première pensée qui me vient est pour mon pote Sylvain : quelques mois plus tôt, il s’est fracturé le scaphoïde et détruit l’épaule dans un exercice similaire au Cambodge. De mon côté, je m’en tire plutôt bien au regard de la violence de la chute : quelques éraflures sur le coude et une épaule bien râpée, mais rien de cassé !

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Après un déjeuner salvateur agrémenté d’un point de vue « plutôt » sympa,

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nous effectuons une courte descente pour finalement entamer la partie hardcore : 15 km de cross, tout en montée ou presque. La constitution du chemin rocailleux en rend l’ascension difficile et je suis dans le rouge dès les premiers lacets. Pas question de poser pied à terre et de ranger mon vélo dans le 4×4 de Mike mais lorsque l’exercice se termine pour moi, une heure et demie, plus tard, je suis à bout de forces. Sur les dix participants que nous étions ce matin, seuls 4 d’entre nous finissent le parcours sur leur destrier !

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Très bizarrement, je suis au lit dès 22 heures et m’endors comme un bébé.

Vendredi 14 juin 2013

Je me réveille l’épaule en compote et des courbatures un peu partout en ce vendredi matin. Après 4 jours intenses, je décide donc de lever un peu le pied !

Je passe la journée à écrire et trier mes nombreuses photos, échanger quelques vannes avec la réceptionniste de l’hostel (une demoiselle bien charmante ma foi), alors que nous regardons le match de foot moins de 20 ans France – Colombie. Et en soirée, je rejoins Jonathan (le frenchie de Minca, suivez un peu !) à l’Elementales, un petit resto exceptionnel dans le centre de San Gil, pour un bon plat et une non moins bonne bouteille de Malbec !

Samedi 15 juin 2013

Je profite de ma dernière journée à San Gil pour faire un petit tour au parc Gallineral, petit océan de verdure au bord du Rio Fonce. Les arbres centenaires, et la “mousse” qui pend de leurs branches (appelée communément “barbe du vieux”), confèrent au parc une allure quelque peu fantastique. Et c’est un vrai plaisir de le parcourir !

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Dès demain, je quitte San Gil. J’y ai passé une semaine en tout point exceptionnelle entre activités sportives, découverte de petits villages et bien entendu, rencontres inoubliables. Un cocktail parfait ! J’aurais sûrement pu rester encore un peu d’ailleurs, tant il me reste de choses à découvrir dans la région … Mais j’avoue que l’envie de bouger se fait de nouveau sentir.

On the road again !

Toutes les photos de mon séjour à San Gil : ici

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