Bogota

Samedi 22 juin 2013

Samedi midi, je quitte Villa de Leyva et ma môman Colombienne, direction Bogota où j’envisage de rester une petite semaine.

Map

Lorsque j’arrive dans la capitale, c’est comme qui dirait le choc : buildings grisâtres, trafic intense, bruit permanent. Passer en 5 heures d’un village bucolique de 8000 habitants à une mégalopole qui en compte près de 14 millions ne se fait pas impunément.

Au sortir du terminal de bus, je saute dans un taxi et rejoins mon hostel dans le quartier historique de la Candelaria. J’y retrouve Fredrik, un de mes travel mates Suédois (on se suit à peu de choses près depuis Santa Marta) avec qui je passe une soirée plutôt tranquille à base de papottages voyageurs.

Dimanche 23 juin 2013

En ce dimanche matin, je me sens un peu « las », sentiment que j’avais déjà éprouvé au début de mon périple asiatique.

Dans l’imaginaire collectif, le voyageur au long cours, qu’il soit barbu ou non,  est en permanence sur la brèche : il visite, sort, rencontre une multitude de gens, absorbe impression sur impression sans jamais s’épuiser. Dans la vraie vie, il y a toujours un moment où son cerveau se met automatiquement sur « pause » et où le routard susnommé doit simplement l’accepter.

Mon programme du jour est donc plutôt light : je profite de la localisation de mon auberge pour marcher un peu au hasard dans le quartier historique. Aux abords de la Plaza Bolivar, la foule est dense : le dimanche, grand nombre de rues sont réservées aux piétons et autres cyclistes. Et les habitants, quel que soit le temps, s’en donnent à cœur joie.

Catedral Primada

Catedral Primada

Plaza Bolivar

Plaza Bolivar

Mes déambulations confirment mes impressions mitigées de la veille : Bogota me paraît inexplicablement « grise » et je ne peux m’empêcher d’être déçu par la Candelaria. Je n’y retrouve que très sporadiquement la couleur coloniale de Carthagène.

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En soirée, effet du hasard ou non, je me décide à fixer une date de fin à mon séjour colombien et j’achète mon billet pour l’Equateur. Dès le 7 juillet, je m’envolerai donc pour Quito.

Lundi 24 juin 2013

En ce 1er jour d’une nouvelle semaine (un lundi quoi), je profite d’un regain d’énergie pour opérer un changement d’hostel : celui où je dors depuis 2 jours est plutôt « creepy » (dortoir sans fenêtre, pas de salle commune à proprement parler) et me rend un peu claustro.

Dans mon nouveau refuge, à quelques encablures de là, le décor est tout autre : situé dans une ancienne maison coloniale magnifique, le Anandamayi (mot compte triple) ne possède pas moins de 3 « jardins » pour prendre l’air. Le dortoir, quant à lui, peut se prévaloir d’une caractéristique plutôt cocasse : couvertures roses pour les filles, bleues pour les garçons !

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... et bleu pour les garçons !

… et bleu pour les garçons !

Située à 2600 m d’altitude, Bogota est la 3ème capitale la plus haute en Amérique du Sud après La Paz et Quito. Mais il est possible de s’élever encore plus en gravissant les 1500 marches menant au sommet de la colline de Monserrate, culminant à 3152 mètres. Pour ma part, je choisis la solution du fainéant : le téléphérique.

Du haut de Montserrate, on se rend encore mieux compte de l’immensité de la capitale Colombienne : il est difficile d’apercevoir les contours de ses 1700 kilomètres carrés.

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Vue sur Bogota depuis le Cerro Monserrate

Vue sur Bogota depuis le Cerro Monserrate

En soirée, petite tuile technique puisque le chargeur de mon ordinateur rend définitivement l’âme.

Bon bah au moins, je sais ce que je fais demain.

Mardi 25 juin 2013

De bonne heure, je me mets en route le centre commercial Unilago (une espèce de Montgallet Colombien, pour les parisiens à qui ça parle) où je suis censé trouver le digne remplaçant de mon chargeur mort au combat (RIP). Je n’ai évidemment aucun doute sur le fait que cette tâche ne me prendra pas plus de 5 minutes.

Après avoir tenté ma chance dans 5 ou 6 magasins spécialisés, je commence un petit peu à pressuriser : « on ne fait pas ce type de chargeur », « ouh ce n’est pas le même voltage en Colombie » sont les seules réponses que j’obtiens à ma requête.

Oups. Gros oups même. Car inutile de dire que mon ordinateur m’est devenu essentiel : non pour vous narguer avec des statuts Facebook provocateurs, mais bien pour pondre tous ces articles qui vous font rêver. Bref, j’en ai besoin.

Pour avoir toutes les cartes en main, je décide de retourner chercher mon pc  à mon hostel (où je l’avais laissé, histoire d’éviter  de me le faire braquer tu vois). Une heure et 30 euros de taxi plus tard, je suis de nouveau devant l’Unilago.

Perplexe, je regarde aux alentours du centre commercial et finis par apercevoir sur le trottoir d’en face, coincé entre un vendeur de chaussures et une boulangerie, une enseigne qui provoque en moi un petit regain d’espoir : « Cargadores, Adaptatores ».

Je pénètre dans le magasin et dans un espagnol catastrophique, j’implore le vendeur de trouver une solution à mon petit problème du jour. Il regarde mon pc, le chargeur, pousse un petit « hmmmm » énigmatique et s’en va dans l’arrière boutique. Et 5 minutes plus tard, tel Jésus présentant le Saint Graal aux apôtres, il en revient avec l’objet de ma convoitise. Alleluiah.

Je suis tellement plein d’énergie positive quand je reviens une nouvelle fois à l’auberge que je décide de partir pour un petit tour en vélo dans Bogota : j’ai entre-aperçu une agence dans une rue adjacente, le circuit semble complet, la somme est modique. Vamos.

Quand j’arrive au local du « Bogota’s Bike tour », je suis le seul touriste. Et alors que l’un des techniciens me prépare un vélo, pénètre dans l’agence ce que j’appellerais, par pudeur euphémistique, un joli brin de fille.

Autant vous dire que je redeviens bilingue en moins de 5 secondes (sur le coup, s’il fallait, j’apprendrai le Sanskrit pour pouvoir échanger deux mots) :

–  Salut, moi c’est Fabien

–  Gabriela, enchanté.

–  Tu es d’où ?

–  D’ici, je vis à Bogota

–  Ah et tu vas faire le tour ?

–  Bah en fait, c’est moi le guide.

Saint Patron des chargeurs cassés : merci, merci, merci.

Je sais ce que vous allez vous dire : tu rencontres une jolie poupée et comme par magie, Bogota devient à tes yeux la plus belle ville du monde. Loin s’en faut mes amis, et même si mon esprit critique tend évidemment à s’effriter en cette bonne compagnie féminine,  Gabriela s’avère tout simplement une guide de 1er choix.

Entre deux arrêts, où je peux notamment admirer quelques beaux exemples de culture « street art »,

Street art dans les rues de Bogota

Street art dans les rues de Bogota

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elle me conte l’histoire de la ville et me permet d’abaisser mon niveau d’inculture sur le conflit Colombien. Il est vrai que ça reste un peu obscure pour moi (j’ai survolé la section histoire de mon Lonely Planet) et lorsqu’elle me demande mon avis sur Uribe, je lui rapporte un peu benoitement ce qu’il me reste de la version décrite dans mon guide : l’ancien président y apparait avant tout comme l’homme ayant apporté la paix intérieure en Colombie. Les gros yeux de Gabriela me font comprendre que la vision en interne est légèrement différente.

Alors que nous sommes assis sur l’un des bancs du campus de l’Université publique, elle me raconte comment Uribe aurait, pour asseoir son autorité et légitimer sa lutte armée contre les guérillas, fait disparaître de nombreux opposants et procédé à quelques entourloupes de 1er ordre (notamment les « falso positivos », processus décrivant le fait de “rhabiller” en guérilleros et de manière posthume des civils tués) . Comment les intérêts étrangers dans le pays (qui compte de nombreuses ressources naturelles) contribuent au jour le jour à un silence relatif de la presse sur le sujet. Combien le conflit est bel et bien toujours à l’ordre du jour même s’il est bon de ton de ne pas publiquement l’évoquer.

Un sujet aussi inépuisable qu’intéressant.

Après une petite escale gastronomique (plus lègère en termes de thème mais pas de calories) au marché aux fruits,

Des beaux fruits et une belle plante

Des beaux fruits et une belle plante

nous terminons notre tour aux alentours de 6 heures et filons rejoindre des amis de Gabriela pour un festival de courts métrages dans l’un des cinémas historiques de Bogota.

Avant de finir la soirée tranquillement autour de quelques verres.

Mercredi 26 juin 2013

Je profite de mon après midi pour faire un petit tour au Museo del Oro, le plus célèbre de Bogota, et dont les collections ne comptent pas moins de 55000 pièces en or (ou d’autres matériaux) appartenant à toutes les cultures pré-hispaniques. Un musée plutôt bien fichu où l’on en apprend beaucoup, de la valeur symbolique des métaux dans les cultures ancestrales aux différentes techniques utilisées pour les travailler.

En soirée, je rejoins Gabriela et l’une de ses amies toutes aussi charmantes (quand on a le popottin bordé de pâtes, on a le popottin bordé de pâtes, que voulez vous que j’y fasse ?) pour quelques verres et autres pas de danse.

Pas de photo.

Pas de commentaire.

Vous vous êtes crus sur le site de Voici ou quoi :) ?

Jeudi 27 juin 2013

Ma dernière journée à Bogota est plutôt tranquille et je profite pleinement des jardins de mon hostel pour quelques heures de lecture et de rêvasseries.

Je fais inconsciemment un bilan de mon séjour dans la capitale Colombienne : s’il s’avère au final aussi positif, c’est bien entendu grace aux rencontres que j’ai pu y faire. Ce qui confirme une vérité bien éprouvée : l’appréciation d’un lieu tient pour bonne partie aux personnes qui croisent votre chemin à ce moment là. Dans les très grandes villes, faire la connaissance d’autochtones est un plus indéniable.

Et quand les locales de l’étape sont aussi charmantes …

Toutes les photos de Bogota : ici

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