La Quilotoa Loop

Jeudi 18 juillet 2013

Après une escale d’une nuit dans la ville de Latacunga, notre équipage, qui s’est enrichi d’un nouveau membre en la personne de Tyler (USA, rencontré par Ruth à Quito lors de ses cours d’Espagnol) met les voiles pour Quilotoa, petite bourgade située à 4000 m d’altitude.

Dibujo

Les 2h30 qui nous séparent de notre destination sont l’occasion d’admirer de sublimes paysages (prémices de nos 3 jours de trek dans la région) mais aussi de vivre une expérience savoureuse : dans un bus plein à craquer, où la majorité des locaux est coiffée d’un traditionnel chapeau en feutre (les femmes complétant le costume par une longue jupe et des chaussettes montantes), les trois gringos que nous sommes suscitent de manière évidente la curiosité. Seules les quelques volailles faisant le trajet semblent se contreficher royalement de notre présence.

Arrivés à bon port, nous nous débarrassons dans un hostel de notre maigre paquetage (la majorité de nos affaires est restée à Latacunga), et partons admirer la perle du coin : la laguna Quilotoa, un immense lac de 250m de profondeur (la légende locale voulant qu’il n’ait pas de fond) et dont le siège n’est autre que le cratère d’un volcan éteint. L’ensemble du décor semble tout droit sorti d’un livre-photos.

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Armés d’un enthousiasme à toute épreuve, nous procédons à la descente vers le bord du lac. Le terrain n’est pas sans rappeler certaines de mes précédentes randonnées : majoritairement constitué de sable, il est extrêmement « mouvant » et nous oblige à déraper plus qu’à marcher. Après une demi-heure, 400 m de dénivelé et presque pas de chute, nous atteignons notre but. Et c’est vraiment chôli. Nous profitons un temps du rivage avant d’entamer une remontée qui, comme prévue, s’avère très physique : il nous faut pratiquement une heure – entrecoupée de quelques pauses « mes poumons vont exploser » – pour rejoindre le sommet de cette dune du Pilat Equatorienne.

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En soirée, nous nous agglutinons telles des mouches autour du feu préparé par notre hôte – il fait un froid démentiel – pour une sorte d’olympiade du jeu de cartes. Avant de finalement nous glisser, un tantinet fatigués, sous nos couettes respectives.

Vendredi 19 juillet 2013

De bon matin, nous entamons notre périple pédestre afin de rejoindre le village de Chugchilan : 10 kms de randonnée à travers la montagne, partie intégrante d’un circuit appelé « Quilotoa Loop » (« ahhhhhhhh d’accord … »).

La 1ère partie du parcours nous permet d’admirer encore une fois la fabuleuse lagune (Le genre de paysage dont il est difficile de se lasser). Accompagnés par un vent de tous les diables, nous promenons nos 3 couches de vêtements sur les bords du cratère, tout en guettant de temps à autre une indication qui nous permettrait de nous orienter. C’est un des travers de ce trek, aucune carte précise n’est disponible et le chemin n’est pas vraiment balisé.

Fait pas chaud chaud !

Fait pas chaud chaud !

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Après avoir parcouru la moitié de la circonférence du cratère (2 bonnes heures), nous décidons, un peu au pif, d’entamer notre descente.  Au lieu de suivre sagement le sentier, Tyler et moi-même coupons « à travers champs » et dévalons la pente en courant comme deux gosses. Derrière, Ruth, qui passe une bonne partie de son temps sur les fesses, râle gaiement contre ses deux compagnons masculins.

Un des rares instants oú Ruth n est pas sur les fesses :)

Un des rares instants oú Ruth n est pas sur les fesses :)

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Vers midi, nous atteignons Guyama qui, selon les maigres informations de notre guide, marque la moitié de la randonnée. Après un beau détour, nous sommes donc de nouveau sur le bon chemin. Nous profitons de notre passage pour taper la balle avec quelques gamins du village sous le regard d’un public amusé. A noter qu’hormis ces quelques locaux, nous ne rencontrons pas âme qui vive ni touriste qui trekke.

Sales gosses, aucun respect pour leurs ainés !

Sales gosses, aucun respect pour leurs ainés !

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Finalement, nous attaquons la dernière partie de notre parcours avec la traversée d’un somptueux canyon. Si le paysage est toujours aussi magnifique (les parcelles cultivées à flanc de montagne donnent à l’ensemble un air de tableau impressionniste), les 2 dernières heures de randonnée sont extrêmement difficiles. La descente met rudement à l’épreuve nos articulations (et notre sens de l’équilibre) tandis que la montée menant vers Chugchilan, sur l’autre versant, secoue nos poumons. Malgré tout, je me sens relativement à l’aise dans les 2 portions : j’ai recouvré une bonne partie de mon foncier et ça fait plaisir.

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Après 6 heures de pérégrinations, nous nous posons enfin dans notre auberge où nous profitons d’un bon dîner et surtout, d’une bonne nuit de sommeil.

Samedi 20 juillet 2013

En ce jour où mes très chers amis David et Laëtitia convolent en justes noces (mettant ainsi fin à 7 ans de vie dans le péché), Ruth, Tyler & moi-même reprenons la route avec nos gambettes musclées, direction le petit village d’Isinlivi, à quelques 12 kms de là.

Après moins d’une demi-heure de parcours, nous accrochons une caravane de 3 jeunes backpackers franco- dano-greco -belges (tous francophones) incroyablement sympathiques et avec qui nous papotons gaiement : la relative facilité du parcours qui se déroule dans le fond du canyon de la veille, le long d’un cours d’eau, est propice aux échanges non essoufflés.

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La 1ère véritable ascension de la journée a pour effet de faire exploser le peloton. Ce dernier se reforme partiellement alors que nous posons nos sacs dans un petit pré pour profiter de quelques minutes de repos au soleil. Yet, notre compagnon américain manque à l’appel. Après 20 minutes d’attente, nous sommes tous un peu inquiets et je me décide à refaire une partie du chemin en sens inverse. Quelques 500 m plus bas, je récupère  un Tyler blanc comme un linge et malade comme pas deux : apparemment, le petit déj n’est pas passé.

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Nous nous remettons finalement en route et le parcours, comme il fallait s’y attendre, n’est plus qu’une longue montée. Tyler est au bord de l’agonie et j’ai un moment le sentiment qu’il ne finira pas la randonnée. Malgré tout, il avance sans se plaindre, soutenu par une Ruth transformée momentanément en infirmière.

Enfin, nous apercevons, au sommet d’une colline, le village d’Insilivi. Au contraire de mon comparse américain, je suis en pleine forme et je décide une nouvelle fois de faire du hors piste : pour m’éviter le long détour que nous impose le sentier menant à notre destination, je traverse un ruisseau et entame une petite grimpette au milieu d’herbes et de ronces m’arrivant au milieu de la poitrine. Une courte partie d’escalade avant d’échouer, épuisé, au milieu d’un carré de verdure où je me retrouve nez à nez avec une vache dont le regard me fait clairement comprendre le caractère inopportun de ma présence.

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Quelques 6 heures après quitté Chugchilan, nous atteignons enfin notre gîte, une auberge magnifique « avec vue » (mais surtout avec dîner et petit déj).

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Je suis rompu, mais de cette bonne fatigue physique qui vous laisse le sourire aux lèvres et je n’ai aucun mal à faire honneur au repas gargantuesque qui nous est proposé.

Dimanche 21 juillet 2013

Afin de ne pas tenter le diable avec l’état de santé tout juste meilleur de Tyler, nous décidons de « zapper » la 3ème et dernière portion de notre trek. Nous profitons donc tranquillement du décor cosy de notre auberge avant d’attraper, en début d’après midi, la dernière navette pour Latacunga.

Après 2 journées de marche intense et des centaines de mètres de dénivelé, je l’avoue humblement : je suis bien content de retrouver le confort relatif d’un bus pour me déplacer. Son roulis me plonge doucement dans un sommeil paisible où se succèdent, comme sur un étalage de cartes postales, les paysages magnifiques que nous avons traversés.

Manière de prolonger le rêve …

Toutes les photos de la Quilotoa Loop : ici   

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