Cuzco & le Machu Picchu : Inca d’école

Dimanche 18 août 2013

Après 9h de bus entre Huaraz et Lima, une nuit dans la capitale péruvienne (le temps d’une courte escale gastronomique), et plus de 22h de transport additionnelles, nous voici arrivés dans le sud du Pérou, à Cuzco (3400m d’altitude, 300 000 habitants).

MapL’ancienne capitale Inca draine chaque année des centaines de milliers de visiteurs, attirés par son héritage historique et la proximité de l’un des plus gros « spots » touristiques du monde : le Machu Picchu.

Après l’expérience authentique de la Cordillère Blanche, la perspective de devoir jouer des coudes avec des centaines d’allemands en short et de français affublés du bob au nom de leur tour operator ne me plonge pas dans une joie incommensurable. On est de retour sur le « Gringo’s Trail » et c’est un peu comme si je me sentais obligé de passer par cette étape.

P1100160Après ce long trajet, c’est avec un certain plaisir cependant que nous posons nos sacs au « Dragons Fly » : notre nouvelle auberge, avec son cadre magnifique – une maison coloniale restaurée – et son ambiance détendue, semble gage d’un repos bien mérité.

Le Dragon Fly de Cuzco : so sweet !

Le Dragon Fly de Cuzco : so sweet !

Lundi 19 août 2013

Comme prévu, mon encéphalogramme du jour est aussi plat que celui d’un hippocampe après une crise d’épilepsie. Bref, je glande (mais alors d’une force).

Mardi 20 août 2013

Ah les Incas …

Si comme moi vous avez grandi avec les Mystérieuses Cités d’Or (dont vous connaissez encore par cœur le générique), nul doute que cette civilisation exerce une certaine fascination. Avec les Mayas (Amérique Centrale, -2600 – 1521) et les Aztéques (Mexique, 1200-1521), les Incas établirent l’un des empires les plus puissants de l’Amérique précolombienne, s’étendant sur plus de 4000km entre le sud de l’actuelle Colombie et le nord de l’actuel Chili. Et cela malgré une durée relativement courte (moins d’un siècle : entre 1439 et 1533), c.f. Pizarro et les Conquistadores espagnols.

Capitale de l’Empire, Cuzco se devait d’être défendue comme il se doit, rôle dévolu à la forteresse de Sacsayhuamàn (prononcez sexy woman) à 2km de Cuzco et dont je pars visiter les ruines, en compagnie de Ruth et de Trina (une autre Grande Bretonne).

P1100167La forteresse en elle-même est composée de 3 remparts de 600 m de long, disposés en zigzag, constitués d’énooooooooormes blocs de pierre, ajustés entre eux aux petits oignons.

Ruines de Sacsayhuamàn

Ruines de Sacsayhuamàn

Le site est immense et il faut bien 2 bonnes heures pour en faire le tour. Evidemment, il faut aimer les ruines et avoir un minimum de connaissances historiques préalables pour apprécier la visite, sans quoi cette dernière peut se révéler ennuyeuse. Heureusement, j’avais révisé.

Dans l’après midi, nous profitons du soleil pour explorer Cuzco et les alentours de la place des Armes, dont l’ambiance animée se révèle étrangement agréable. Le centre historique se visite en 2 coups de cuillère à pot,

Plaza de las Armas

Plaza de las Armas

P1100155bce qui nous laisse le temps d’aller acheter nos billets pour le site du Machu Picchu. Afin de limiter la dégradation de ce dernier, des quotas quotidiens (2000 personnes max) ont été mis en place. Mais comme nous le constatons très vite, ces derniers ne sont pas du tout respectés : alors que nous essayons d’obtenir 2 places pour le sur-lendemain, la fonctionnaire qui nous reçoit nous répond que tous les billets ont déjà été écoulés. Et de nous en émettre aussitôt deux en date du 26, à utiliser à la date de notre choix.

Bizarre.

Mercredi 21 août 2013

En ce mercredi, nous entamons un long périple pour rejoindre la ville d’Agua Calientes (à 100 km de Cuzco), point d’accès principal au site du Machu Picchu : 5h de minibus, 1h de taxi fou, re-1h de mini bus et enfin 2h de marche.

P1100183a P1100183bRedécouvert en 1911 par un historien américain, le Machu Picchu est sûrement le site le plus emblématique du Pérou. Ancienne cité Inca s’étendant  entre les monts Machu Picchu (aahhhh, ok) et Huayna Picchu, il est visité chaque année par des milliers de touristes, qui y accèdent au travers d’un des nombreux treks (le plus célèbre étant l’Inca Trail) ou directement à partir d’Agua Calientes. Cette dernière, avec ses fausses allures de station de ski, n’a évidemment aucun intérêt et la surpopulation est bien au rendez-vous. L’ambiance est littéralement oppressante et je commence à me demander si je n’aurais pas du finalement zapper entièrement cette escale. Ruth est aussi dubitative que moi et il est euphémistique de dire que nous ne sommes pas vraiment excités par la perspective de notre visite du lendemain.

Jeudi 22 août 2013

En ce jeudi matin, le réveil sonne à … 3H45 !

A partir d’Agua Calientes, 2 options sont possibles pour accéder au site du Machu Picchu dont l’ouverture est fixée à 6h : des minibus (qui partent dès 5h30 du matin ; 10mn de trajet et une bonne dizaine de dollars US) ou … la marche !

Dès 4h30, nous sommes aux portes du 1er check-point, bientôt rejoints par les autres ayant aussi choisi de réaliser cette ascension ultra matinale. L’option gambettes est évidemment la plus physique : entre ¾ d’heure et une heure pour monter, à travers la forêt, des centaines de marche de pierre.

Levés à 3.45 du matin, ça fait mal

Levés à 3.45 du matin, ça fait mal

Les marches de la montée vers le Machu, vues de jour

Les marches de la montée vers le Machu, vues de jour

A 5h, l’officier de contrôle ouvre enfin le passage et nous commençons notre marche. L’ambiance est un peu mystique : des centaines de lampes frontales s’agitent dans la nuit noire, et hormis les respirations essoufflées, aucun bruit ne se fait entendre.

Comme prévue, l’ascension est un vrai casse-pattes : je me retrouve très vite en nage et le palpitant dans le rouge. Mais alors que le jour pointe le bout de son nez, je commence vraiment à apprécier l’effort et me dire qu’après tout, peut-être que tout ça vaut le coup.

39 minutes plus tard, j’en termine, avec le plaisir de me retrouver parmi les 1ers à faire la queue devant les portes closes,

Il n'est pas 6h mais il y a déjà foule

Il n’est pas 6h mais il y a déjà foule

bientôt rejoint par ma travel mate anglaise. Dès 6h, après avoir fait valider nos billets (confirmant ainsi l’hypothèse que les  quotas sont une énormissime foutaise), nous pénétrons sur le site et … Ah purée, quand même :

Vous ne l'avez jamais vu cette photo hein ?

Vous ne l’avez jamais vu cette photo hein ?

Je l’avoue, j’ai bien du voir cette « carte postale » des centaines des fois, mais l’émotion est au rendez vous. Encore baignée d’une brume matinale, la cité Inca révèle ses contours mystérieux, avec en toile de fond, le Huayna Picchu. Il est tôt, nous ne sommes pas si nombreux que ça sur le site (200 ?) et … Oui, c’est assez jouissif : assis en hauteur, nous récupérons de nos efforts et nous délectons littéralement des 1ers rayons du soleil.

P1100204c

Respirer le bonheur, au sens propre du terme

Respirer le bonheur, au sens propre du terme

L’impression d’avoir « mérité » tout ça (après notre difficile ascension jusqu’à cette altitude de 2438m) vient renforcer notre plaisir et alors que nous déambulons parmi les vestiges incroyablement bien conservés, je ne me sens même pas gêné par les touristes qui commencent à affluer par groupes de 50.

Le côté ultra touristique des abords du Machu Picchu

Le côté ultra touristique des abords du Machu Picchu

De la même manière que pour les ruines de Sacsayhuamàn, un minimum de background est nécessaire pour profiter pleinement du lieu et apprécier la force de l’ouvrage : ville sacrée accueillant – selon les estimations – entre 800 et 1000 habitants, le Machu Picchu et ses 172 constructions (maisons, temples, sans compter les terrasses dédiées aux cultures) s’étendant sur une surface de 530 mètres de long par 200 mètres de large, révèlent tout le génie Inca (Pour plus d’informations, je vous invite grandement à consulter la très instructive page wikipédia dédiée au site : http://fr.wikipedia.org/wiki/Machu_Picchu.)

P1100204h P1100204gAprès quelques heures de visite, nous rebroussons chemin (il n’est que 11h du mat’ et je pourrais aller me coucher) et rejoignons Agua Calientes. En fin d’après midi, nous prenons un train pour retourner vers Cuzco, une option de transport dont le côté ultra onéreux ne suffit pas à gâcher l’énorme plaisir que fût cette journée.

Du vendredi 23 août 2013 au dimanche 25 août 2013

Le temps froid et maussade aidant, nous passons 3 jours « reclus » dans notre auberge (espagnole) à lire, jouer aux cartes et papoter. Dernièrement, j’ai vraiment besoin de ces journées « à vide », pour récupérer physiquement, traiter mentalement ce que j’ai vu et éviter la saturation.

Au final, même si Cuzco et le Machu Picchu voisin sont des cas d’école du tourisme à grande échelle, je n’en ai pas trop éprouvé les écueils. J’étais arrivé avec beaucoup de craintes, je repars avec quelques beaux souvenirs.

C’est pas si mal, non ?

Toutes les photos : ici

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3 Comments on “Cuzco & le Machu Picchu : Inca d’école”

  1. Laurent Says:

    Pas si mal en effet. Chaque fois que je tombe sur un billet parlant du Machu Picchu, ça commence mal, avec la description d’une sorte d’usine à touriste qui me fait toujours penser “j’aimerais bien voir ce truc mais là non”, mais quasiment à chaque fois, la conclusion est la même, “ça valait tout de même vraiment le coup”. Du coup j’oscille entre l’envie d’y aller (qui n’a pas rêvé d’aller au Machu Picchu ?) et la crainte de finir très déçu. Comme dirait l’autre, on n’a pas une vie facile !

  2. Emmanuelle Rendolet Says:

    Très contente de revivre grâce à toi l’étape Machu Picchu. J’avais adoré il y a 10 ans, c’est toujours aussi beau apparemment!
    Bisous