Arequipa & le Canyon de Colca

Lundi 26 août 2013

Au petit matin, après plus de 15 heures d’un trajet ô combien épique (en pleine nuit, notre bus s’est retrouvé bloqué à 5500 m d’altitude – réservoir d’essence complètement gelé – et nous avons dû patienter pendant 6h, dans un froid limite tenable, qu’un véhicule de remplacement vienne nous chercher), nous arrivons enfin à Arequipa, 2335 m d’altitude, 2ème ville la plus peuplée du Pérou avec ses 900 000 habitants.

MapDans l’après-midi, je profite du soleil pour me balader dans les rues du très joli centre historique et admirer la multitude d’édifices coloniaux et religieux, notamment autour de la Plaza de Armas. Fondée par les Espagnols en 1540, Arequipa fait partie pour le voyageur du circuit classique mais la pression (ou l’oppression) touristique y est nettement moins forte qu’à Cusco. J’y évolue donc en relative tranquillité.

Place principale d'Aréquipa

Place principale d’Aréquipa

P1100273Je consacre deux bonnes heures à la visite du splendide et immense Couvent San Catalina (le plus grand du monde, une vraie ville dans la ville),

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Monastère San Catalina

Monastère San Catalina

Avant de me perdre dans les multiples dédales du marché San Camilo, où, en cette fin de journée, il faut quand même avoir l’estomac bien accroché !

Mardi 27 août 2013

Une journée de papotte, bien planqué au fond d’un hamac, duquel je me lève seulement pour satisfaire aux appels ponctuels de la nature :)

Mercredi 28 août 2013

Une fois n’est pas coutume, le réveil est matinal puisque nous quittons notre auberge aux alentours de 3h du matin, direction le Canyon de Colca, pour un trek de 2 jours.  Après bientôt 7 semaines de voyage 24/24, je commence à connaitre ma petite Ruth et son regard, alors que notre bus démarre, est très nettement accusateur : « Rappelle moi pourquoi on s’inflige ça déjà ? ».

Après 5 heures de route, un petit déjeuner dans la ville de Chivay et un arrêt au niveau du mirador naturel de la Cruz del Condor (où nous admirons donc … quelques condors),

P1100317c P1100317bNous arrivons au village de Cabanaconde (3280m d’altitude) et entamons nos 9km de descente (pour 2120m de dénivelé !) sous la houlette de nos guides, 2 frères plutôt marrants. Le panorama est joli mais sans plus : le canyon de Colca nous a été vendu comme une des attractions naturelles du sud Pérou et moi qui suis d’habitude très réceptif à ce genre de paysage, je suis aussi ému qu’une asperge sous sédatifs.

Heureusement, notre groupe (composé entre autres d’un couple d’Irlandais et d’un couple d’Américains) est vraiment sympathique et le plaisir de l’exercice physique compense largement la déception : tel un cabri, je dévale la pente pour me retrouver, moins de deux heures plus tard, au fond du canyon.

P1100317dNous passons le reste de la journée dans notre « lodge » (une espèce de camping amélioré) avant de sacrifier, un tantinet fatigués, à une bonne nuit de sommeil.

Jeudi 29 août 2013

Une bonne grasse mat’ jusqu’à 5h et nous sautons à nouveau dans nos chaussures pour entamer la remontée vers Cabanaconde. Il fait à peine jour, mes articulations grincent comme une vieille porte mal huilée et la perspective de ces 3 heures de difficile ascension (temps annoncé par nos guides) ne m’enchante guère. Bref, je suis ronchon.

Après une demi-heure de grimpette sur un terrain mi- sable / mi-caillasse, je suis pourtant bien « dans le rythme » : je monte au train, ne m’arrêtant que sporadiquement pour claquer quelques clichés (le soleil, qui commence à pointer le bout de son nez, colore joliment le canyon) ou laisser passer les nombreux muletiers convoyant marchandises et autres touristes grassouillets. Je me retourne pour la 1ère fois et constate non sans surprise que mes compagnons ne sont plus là.

P1100317f1h45 après avoir décollé, je suis déjà au sommet, fatigué mais satisfait de ce bon chrono. 10 minutes passent, puis 20 minutes … et alors que je scrute les lacets en contrebas, je n’aperçois toujours rien, (si ce n’est le soleil qui rougeoie et la montagne qui poussièroie). Enfin, après une demi-heure d’attente, ma p’tite Ruth pointe le bout de son nez, précédant de plus d’1/4 d’heure le couple irlandais et de plus d’une demi-heure le couple américain que l’un de nos guides, tel une voiture balai, accompagne tranquillement.

P1100317iNous avalons goulument un petit déjeuner pourtant frugal et après un arrêt salvateur aux sources d’eau chaude de la Calera (38°, les muscles disent merci …), nous entamons le trajet du retour. Après 2 nuits écourtées et une bonne dose d’efforts physiques, il me faut moins de 5 minutes pour sombrer dans un sommeil profond, seulement interrompu par notre arrivée à Arequipa.

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Vendredi 30 août 2013

En ce dernier jour de mon séjour péruvien, deux objectifs principaux :

– acheter un nouvel appareil photo, tâche réalisée en 2mn27s (de l’art de raccourcir le process de décision)

– aller claquer un bise à Juanita, dite la princesse des glaces. Cette jeune adolescente Inca (âge estimé 11-15 ans) fût sacrifiée au 15ème siècle sur le mont Ampato et son corps gelé, en excellent état de conservation, y fût retrouvé en 1995. Le musée d’Arequipa, qui abrite la momie de Juanita, est l’exemple parfait du musée concis et didactique : outre la “pièce” maîtresse, protégée par une cage en verre frigorifiée, il est possible d’observer les nombreux artéfacts (colliers, statuettes) laissés par les Incas dans le tombeau de l’Elue et d’en apprendre un peu plus sur la pratique du sacrifice Inca, le Capacocha.

Les futures victimes (comment les appeler autrement) étaient souvent choisies dès la naissance et ne pouvaient être “offertes” après l’âge de 15 ans (l’Enfant, symbole de la pureté, était censé être un meilleur cadeau pour ces Dieux que l’on tentait d’apaiser). Elles parcouraient parfois des milliers de kilomètres pour rejoindre le lieu sacré de leur trépas (un trajet qui passait nécessairement par la capitale Cusco), des sommets de volcans comme l’Ampato (qui pour info, culmine à … 6 288 mètres !) Imaginez l’exploit physique (et on n’a pas retrouvé de chaussures de rando Goretex aux côté de Juanita, si vous voyez ce que je veux dire).

Au cours d’un rituel bien précis, les enfants étaient parés d’habits traditionnels et absorbaient une boisson alcoolisée (généralement de la bière de maïs) visant à limiter leur souffrance. Dans le cas de Juanita, la mort à proprement parler fût provoquée par un coup sur la tête mais les victimes pouvaient aussi bien être étranglées que laissées sur place à mourir de froid.

Charmant non ?

Après une bonne heure trente de visite, je rentre tranquillement à mon auberge pour une nouvelle fois “remballer” ma maison. Dès demain, je quitte le Pérou, après 3 semaines de pérégrinations. Si le pays, nettement plus touristique que ses confrères sud-américains, ne m’a pas autant emballé que la Colombie ou l’Argentine (hormis la Cordillère Blanche et le site du Machu Picchu … avant 10h du matin), il reste néanmoins une destination de choix … que je n’aurais évidemment manquée sous aucun prétexte !

Place à la suite !

Toutes les photos: ici

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