Addis-Abeba

Du mardi 19 novembre 2013 au dimanche 24 novembre 2013

Mardi soir, après un court vol depuis Entebbe, j’arrive à Addis-Abeba, capitale du  14ème et avant-dernier pays de mon périple : l’Éthiopie !

MapComme je suis toujours accompagné de mon ami Palu l’Hallu, et que mon objectif est avant tout de prendre un peu de repos, je m’extrais momentanément du flot backpackers et pose mes valises dans un établissement  plutôt classouille, le Regency Hotel. On m’y donne du Môsieur, on m’ouvre la porte et comme j’occupe une chambre privée, je peux à loisir y déambuler et y dormir en tenue d’Adam. Il en faut finalement peu pour se sentir comme une rock star.

slide1Au bout de 2 jours, les  40° de fièvre ne sont plus qu’un mauvais souvenir et même si l’impression que mes muscles saillants ont étés remplacés par du jambon de dinde est bien réelle, je pars enfin à la découverte d’Addis et à la rencontre de ses 3,5 millions d’habitants.

Malgré l’immensité de la ville (527  km² !), c’est à pieds que je m’applique à la parcourir et à en rallier les différents points d’intérêt. Parmi eux,

–          La Mosquée Benin, dans le quartier Piazza

Mosquée Benin

Mosquée Benin

–          La très jolie Cathédrale Orthodoxe St George : de forme octogonale, elle fût commandée par l’empereur Menelik (aucun rapport avec le chanteur) pour célébrer une victoire militaire sur les Italiens, et terminée en 1911. Elle est entourée d’un très agréable jardin et sa visite peut être complétée par celle d’un minuscule mais ô combien instructif musée. On peut aussi y constater l’immense ferveur des Ethiopiens qui se prosternent devant l’édifice ou en embrassent les murs (valables pour tous les monuments religieux d’ailleurs, musulmans, orthodoxes ou catholiques)P1020407

Intérieur de la Cathédrale St George

Intérieur de la Cathédrale St George

–          Le musée National : si l’exposition paléontologique, ainsi que les exemples d’art Ethiopien, valent évidemment le coup d’œil, la star incontestable de l’établissement, c’est Lucy, un fossile humain australopithèque de plus de 3,2 millions d’années découvert sur le site d’Hadar, en 1974

Devant le musée national

Devant le musée national

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–          Le monument Yekatit 12, érigé à la mémoire des milliers d’Ethiopiens tués par les Italiens en 1937 en répression d’une tentative d’assassinat sur le vice-roi de l’Afrique de l’Est Italienne, Rodolfo Graziani

Monument Yekatit 12

Monument Yekatit 12

–          La Cathédrale de la Sainte-Trinité, abritant les dépouilles de l’Empereur Haile Selassie et de son épouse

Cathédrale de la St Trinité

Cathédrale de la St Trinité

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–          Le Lion de Judah, symbole de la monarchie Éthiopienne

Lion de Judda

Lion de Judda

–          «La Gare », station de train de la ligne de chemin de fer Djibouto-Ethiopienne, construite par les Français

"La Gare", ligne de chemin de fer reliant Addis à Djibouti

“La Gare”, ligne de chemin de fer reliant Addis à Djibouti

–          Le Derg monument, une obélisque rappelant le passé communiste douloureux du pays

Derg monument

Derg monument

Autant le dire tout de suite, malgré cet ensemble de curiosités touristiques,  Addis-Ababa est d’une laideur sans pareille : surpeuplée, polluée, sale, elle n’a strictement rien d’attrayant. Le nombre de bidonvilles (il n’y a pas d’autre mot), de mendiants, d’estropiés, de personnes dormant à même le sol, est proprement choquant (notamment aux abords du marché à ciel ouvert du Merkato) : je ne peux m’empêcher de comparer avec les grandes villes d’Afrique Noire que j’ai pu visiter précédemment, telles Dakar, Kampala ou Jinja. Même si l’on se doute que les personnes y vivant ne nagent pas dans le luxe, j’ai l’impression que la solidarité familiale – un des piliers de la société dans ces pays – y joue à plein et permet à la majeure partie des gens ne pas se retrouver à la rue.

Je suis également énormément déçu par l’accueil général des Ethiopiens : hostiles, pour ne pas dire agressifs, ils renforcent là encore le contraste avec les Ougandais ou les Tanzaniens que j’avais pu croiser. Il existe certes une barrière de la langue – l’Amharique est le dialecte le plus courant – mais  les seules personnes avec qui j’ai le loisir d’échanger en Anglais finissent invariablement par tenter de me soutirer quelques espèces sonnantes et trébuchantes. C’est un peu énervant à la longue. Et même si c’est un travers que j’avais aussi expérimenté le mois dernier, l’exercice semblait plus relever du jeu de théâtre : « Je sais que tu ne m’achèteras rien mais je te sors mon laïus et après on se sert la main avec un grand sourire ». Là, je finis quand même par me faire cracher dessus !

Je finis mon séjour dans un hostel plus familial (bah oui, le Regency c’est bien mignon mais ça vous coule en 3 jours le budget de 3 semaines de logement) où j’expérimente les délices de la cuisine Éthiopienne.

Petite fricassée d'agneau servie avec une galette qui sert d’assiette (et de couverts !) : l'injera

Petite fricassée d’agneau servie avec une galette qui sert d’assiette (et de couverts !) : l’injera

Mais malgré cette note finale plus positive, j’avoue que je ne suis pas fâché de m’échapper d’Addis et de commencer mon exploration du nord du pays !

Toutes les photos : ici

2 Comments on “Addis-Abeba”

  1. Laurent Says:

    T’aimes bien les injeras ? J’avoue que j’avais eu un peu de mal à me faire à l’amertume de ces crêpes éthiopiennes.