Saint-Pétersbourg, Star of the Tsars

Du 12/09/2018 au 16/09/2018 

Jour 1

Après quelques heures de vol et une escale venteuse à Helsinki, je débarque à Санкт-Петербу́рг (Saint-Pétersbourg quoi), deuxième plus grande ville de Russie en termes de population avec ses 5 millions (++) d’habitants, et située sur les bords de la mer Baltique, au fond (à gauche, 1ère sortie) du golfe de Finlande.

Avec moi, c’est camembert bleu assuré.

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Je récupère ma maison à bretelles sur le porte bagages tournant de l’aéroport, réfrène fortement mes envies pavloviennes d’y faire l’avion torse nu tout en criant « Champioooooooons du Moooooonde » et je fais la connaissance d’Andrey, mon taxi d’un soir, dont le look mafia russe collection hiver/hiver 1990 ne laisse en rien présager de l’extrême sympathie ni du niveau d’anglophonie.

Une demi-heure de route plus tard (au cours de laquelle je réalise in situ l’immensité de la ville) et je débarque au Soul Kitchen Hostel, sur les bords de la Moika, une auberge de jeunesse qu’on dirait toute droit sortie de l’imaginaire d’un archi d’interieur très porté sur le vintage. En grand fan des pieds compas, j’adore.

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C’est aussi l’occasion pour moi de me familiariser avec la 1ère des coutumes russes : pas de chaussures à l’intérieur ! Le sol est nettoyé 3 fois par jour (oui oui …) et tout le monde déambule qui en chaussettes, qui en chaussons. Je fais un brin de causette avec les quelques voyageurs que je croise lors de mon dîner d’une frugalité exemplaire mais ne tarde pas à prendre de prendre possession de mes quartiers pour me glisser sous la couette.

Jour 2

Huit heures de sommeil réparateur plus tard, je me lève en plein forme, prêt à explorer la ville … Et … Bon bah non en fait, puisque je n’ai pu fermer l’œil de la nuit : on ne passe pas impunément du confort d’une villa Italienne sur les bords du lac de Côme à la promiscuité d’une auberge de jeunesse dans le nord de la Russie (d’autant plus quand le nombre de ronfleurs y dépasse la moyenne).

« Tu l’as voulu, tu l’as eu ! »

Qui a dit ça ?

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Quand je mets le nez dehors, pour ces premières foulées du macadam Pétersbourgeois, que la grêle se met à tomber en mode violent-violent et que j’ai toutes les peines du monde à trouver un DAB (pas celui de Pogba, celui qui donne des billets), un petit sentiment du type « Qu’est ce que je suis venu faire là ? » (avec un phrasé un tantinet plus véhément), commence, je l’avoue, à m’envahir.

Je ne me décourage pas devant l’adversité météorologique et afin  d’obtenir un aperçu global de la ville, je m’attelle donc à l’activité par excellence de tout voyageur qui se respecte et cherche à gagner son bâton de Maréchal Routard : le bus touristique ! Bouuuuuuuuuh. Sifflets du public, honte sur ma famille et ma descendance pendant 127 générations.

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Bon, je vais vous faire une confidence : moi je les aime bien les fameux Hop-On Hop-Off, quand j’arrive dans une ville, à fortiori quand celle-ci fait 606 km2, soit 6 fois la taille de Paris ! Ils permettent généralement d’avoir une vision globale du lieu, des sites d’intérêt tout en absorbant quelques infos historiques.

Le parcours de deux heures est d’ailleurs particulièrement bien construit et alors que le soleil est définitivement revenu quand je sors du bus (capricieux climat continental), je me décide à en refaire une partie à pieds, en commençant par un monument emblématique de la ville : la Cathédrale Saint Isaac, son dôme de 21.8m de haut, recouvert de 100kg d’or et ses piliers de Granit d’une 100aine de tonnes chacun. Franchement, c’est beau.

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Je remonte les abords de la Neva, passe devant le bâtiment de l’Amirauté,

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et contemple sur l’autre rive l’impressionnante forteresse Pierre-Et-Paul (mais que faisait Jacques ?), située sur l’Île aux Lièvres, l’une des 42 que compte la cité (d’où son nombre incalculable de ponts et de canaux et son surnom de Venise du Nord). C’est le lieu originel de la fondation de Saint-Pétersbourg par Pierre le Grand (enfin, pas certain qu’il ait jamais tenu un marteau dans les mains mais disons qu’il a eu l’idée), en 1703.

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De détours voulus en détours non voulus (c’est drôle de décrypter les noms des rues en cyrillique, mais c’est pas error-free), je me retrouve devant ce qui constitue mon coup de cœur absolu : la Cathédrale Orthodoxe Saint-Sauveur sur le Sang Versé. Alors oui, comme ça, le nom ne respire pas l’Amour inconditionnel (c’est en fait une référence à l’assassinat de l’empereur Alexandre 2 en ce lieu même en 1881) mais avouez quand même que c’est magnifique.

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Un petit crochet par la Cathédrale de Kazan (en partie inspirée de la Cathédrale St Pierre à Rome, 111 m de large, belle bête),

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et me voilà en train de remonter la perspective Nevsky, principale artère de Saint-Pétersbourg (4.5 km quand même, le trafic automobile y est tout bonnement impressionnant) pour me retrouver devant ce qui constitue mon coup de cœur absolu … Quoi ? Et bah oui, en matière culturelle, je suis polygame.

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Le Palais d’Hiver, volutes et colonnades rococo blanches et vert-pistache, résidence royale jusqu’aux derniers jours des Romanov en 1917, et aujourd’hui siège de l’un des plus importants musées du monde, l’Ermitage.

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La place du Palais qui lui sert d’écrin est également impressionnante, avec sa colonne Alexandre de plus de 45m de haut commémorant la victoire de 1812 sur Napoléon et tandis que je la traverse, une fanfare militaire entame l’hymne russe. C’est beau, ca donne la chair de poule et presque l’envie de voter Mélenchon. LOL.

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Alors qu’il commence à faire nuit, je reprends la direction de l’hôtel, enchanté par ma 1ère rencontre avec Saint-Pétersbourg : une ville immense, parfois chaotique, notamment aux alentours des grandes artères, mais une cité « aérée » par ses parcs et ses rivières, et avec surtout une architecture et une histoire incroyables.

Bref, le genre de demoiselle qui donne juste très envie d’avoir un 2nd rendez-vous.

Jour 3

Pour mon 3ème jour dans l’ancienne capitale Russe (qui d’ailleurs changea de nom plusieurs fois – Léningrad, Petrograd – ce n’est plus de la schizophrénie à ce stade), j’ai un plan diabolique: après avoir contemplé les extérieurs des quelques monuments emblématiques de Saint-Pétersbourg, et bien figurez vous, que je vais y rentrer ! Quelle audace !

Je commence donc par la Cathédrale Saint-Isaac et … C’est à couper le souffle. Des dorures, du marbre, des icônes ; aux murs, au plafond, au sol. On ne sait plus trop où donner de la tête. Comme les nombreux touristes présents, je m’attaque aux 262 marches qui mènent à la Colonnade entourant le Dôme et d’où la vue sur la ville est sublime. Même Charlie y va de son selfie.

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La Cathédrale de Kazan vaut également son pesant de roubles, avec son dôme de 80m de hauteur. Tout aussi impressionnante, la foule qui se presse pour embrasser l’icône locale.

Mais c’est bien ma petite choupinette Orthodoxe, l’Eglise Saint-Sauveur sur le sang versé, qui rafle la mise. 7000 m^2 de mosaïques recouvrent les murs, le raffinement est stupéfiant, encore plus pour quelqu’un comme moi qui n’est pas capable d’aligner 2 carreaux de carrelage dans sa douche :)

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Plus sérieusement, même si je ne suis pas un tantinet croyant, les édifices religieux me procurent systématiquement une grande émotion. J’imagine toujours les centaines de petites mains qui y ont passé des centaines d’heures il y a parfois des centaines d’années … Et je ne sais pas pourquoi mais ça me touche.

Pour finir ma tournée, je rentre dans la cour intérieure du Palais d’hiver mais renonce au dernier moment à prendre un ticket pour le musée de l’Ermitage. Il y a une foule immense, j’en ai un peu plein les pattes et surtout je n’ai que deux heures devant moi …. Visiter l’équivalent du Louvre en 120 minutes ? Not possible.

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Car pour le soir même, je me suis fait un petit cadeau : une place pour les Quatre Saisons de Vivaldi, version ballet, au Théâtre Mariinsky. Je suis en catégorie Or (les Russes semblent aller à l’Opéra comme nous allons au cinéma, les prix sont « ridiculement » bas), et je me suis évidemment mis sur mon 31 : baggy Fjallraven, Polaire NorthFace et chaussures de marche. Bref, je dépareille notablement à côte des gentlemen en costume et des dames en robe situés dans ma loge.

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La salle moderne (d’ailleurs nommée Mariinsky 2) n’a pas le charme de son ancêtre bicentenaire (c’est un peu comme Garnier et Bastille) et je sors un chtouille déçu (oui on peut aimer le foot et le ballet et avoir un sens critique pour les deux ), notamment par la performance du danseur étoile. Mais franchement, pouvoir assister à un ballet, à Saint-Pétersbourg, ça n’arrive quand même pas tous les jours.

Jour 4

Dernier jour plein à SanPé et je pars en compagnie de Carolina, Brésilienne de son état, pour le palais Peterhof que nous rejoignons après une grosse demi-heure de bateau. Construit entre 1714 et 1723, par Pierre Le Grand (toujours lui…) avec le dessein d’égaler Versailles, le palais est entouré d’immenses jardins qui valent surtout par leur ensemble de 140 fontaines. Rien que ça.

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L’intérieur mérite également le détour et on sent indubitablement l’influence « française », notamment dans ce que l’on pourrait qualifier de «salle des glaces ». Ca brille partout (on est habitués maintenant) et nous parcourons l’ensemble les chaussures entourées de protections, et pressés de temps à autre par les gardiens du musée : à certains endroits, il est interdit de s’arrêter, afin de préserver un niveau d’hygrométrie acceptable.

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Tout au long de la visite, nous papotons avec un couple d’octogénaires haut en couleurs : lui, argentino-espagnol, profondément antiroyaliste, râle à chaque nouveau signe ostentatoire (c’est honnêtement à mourir de rire) tandis qu’elle, hongro-russe, le tire par le bras et lui fait un cours d’histoire. Ayant passé une partie de son enfance à Saint-Pétersbourg, elle a même connu le palais avant sa restauration (débutée dans les années 60, le palais ayant subi des dommages considérables pendant la terrible occupation Allemande).

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En fin d’après midi (le temps file les amis, c’est un truc de dingue), nous sommes déjà de retour à l’hostel pour ce qui sonne la fin de mon séjour à Saint Pétersbourg. Dans ma tête, une foule de souvenirs et la ferme intention de revenir découvrir les collections de l’Ermitage et tester un peu plus substantiellement la vie gastronomique.

En attendant : direction Moscou !