Le Transsibérien, éloge ultime de la lenteur

Du 21/09/2018 au 25/09/2018 

Après une dizaine de jours très culturelle consacrée à la visite de Saint-Pétersbourg et de Moscou (Soyons honnêtes, à la 58ème église, on sature un chtouille), j’entame la partie centrale de mon épopée Russe : le Transsibérien !

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Derrière ce nom mythique, un réseau de lignes ferroviaires (et non un train, comme par exemple l’Orient Express) construites entre 1891 et 1916 et s’étalant sur un peu plus de 9200 kilomètres entre la capitale de la Russie et son extrémité Pacifique, Vladivostok. A noter que pour ma part, j’emprunte la ligne originelle et non l’une de ses variantes allant à Pékin via la Mongolie (Trans-Mongolien)  ou la Mandchourie (Trans-Mandchourien). On est un puriste ou on ne l’est pas.

Carte transsiberien

Si le trajet total prend environ 6 jours (en incluant les multiples stops), je le couperai pour ma part en deux en pausant à Irkoutsk, en Sibérie. Ça fait quand même 3 jours et 4 nuits d’affilée que je passerai avec mes 53 colocataires de compartiment en classe 3. Routard un jour, routard toujours (ou presque).

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Vers 23.45, je pose donc mon sac et mon popotin dans le train n°002, le fameux Rossiya et fais la connaissance de mes compagnons de quart, deux Russes et un Chinois, tous 3 parfaitement anglophones, et avec qui je discute une bonne partie de la nuit avant de me laisser emporter tout aussi doucement que sûrement par le roulis du train. ZZZzzzZZZZ …

Jour 1 : Moscou – Iekaterinbourg ( KM 1814)

Au petit matin, je me réveille difficilement : tout transport en mouvement ayant sur moi un effet diaboliquement soporifique (quand je suis dedans, pas quand je le regarde, je ne suis pas un bovin), j’éprouve le plus grand mal à repasser en position verticale. Apparemment, je ne suis pas le seul.

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Le train roule à sa vitesse maximale (60 km/h) et alors que défilent arbres et autres collines sous un soleil radieux, je constate que le wagon s’est à moitié vidé; si le Transsibérien conserve un indéniable attrait touristique, il est avant tout un « vrai » moyen de transport pour les Russes et nombre d’entre eux ont déjà fait escale. De mon quart personnel, seul mon collègue Chinois, qui fait le trajet directement jusque Vladivostok, est toujours de la partie.

Tandis qu’il sommeille encore, je me prépare mon petit café matinal : invariant des trains longue distance russe, chaque compartiment possède un Samovar (sous la responsabilité de la Provodnista, qui gère le wagon), ce qui permet d’avoir de l’eau chaude en permanence. Les plats déshydratés sont de facto la base de l’alimentation transsibérienne, même si j’y ai ajouté pour ma part quelques compléments plus ludiques (toutes proportions gardées, je ne vise pas non plus à me préparer des œufs Bénédicte).

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Aujourd’hui, c’est blog-day, et je profite de l’absence de passager sur l’une des deux couchettes latérales pour me monter mon petit bureau (le train est pourvu de prises, how pratique). Je passe la journée sur mon article Moscovite (pour ceux qui en douteraient, c’est du travail 😊) tout en me laissant happer de ci de là par le paysage environnant.

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Alors que nous avons déjà parcouru plus de 1600 km et traversé 2 fuseaux horaires (sur les 9 que compte la Russie), je fête dignement la fin de la journée par une petite bière fraîche dans un décor d’un autre âge au wagon restaurant.

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Jour 2 : Iekaterinbourg – Novossibirsk ( KM 3343)

Encore une nuit que les différents arrêts et montées/descentes de passagers n’auront pas affectée, et je me réveille frais comme un gardon de l’Oural, prêt à en découdre avec le difficile programme de la journée : lire, manger, dormir, recommencer (mais pas trop vite).

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Pour agrémenter cet ode à la lenteur, rien de tel que des kilomètres et des kilomètres de Taïga hypnotique dont la contemplation induit un fort relaxant. Hormis une pause ravitaillement lors d’un des nombreux arrêts du jour, je ne quitte d’ailleurs pas le train.

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Jour 3 : Novossibirsk – Zima ( KM 4934)

Nous sommes désormais en Sibérie et les paysages sont plus variés. Dans la nuit, un couple Russe un peu austère a rejoint notre quart, ce qui trouble à peine notre confort. Si nous enfilons les fuseaux horaires comme des perles, c’est bien là notre seule course contre ce temps dont j’ai perdu la notion. J’ai renoncé à « savoir » l’heure : ma montre est réglée sur Moscou et mon portable déraille au gré des changements de réseau.

Un autre très bon point de ce trajet, la déconnexion est inclue dans le prix.

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Jour 4 : Zima – Irkoutsk ( KM 5185)

76 heures, 5185 kilomètres et 2 excellents romans après avoir quitté Moscou, j’arrive au petit matin à Irkoutsk, au sud de la Sibérie. Conclusion de cette formidable expérience, je dis au revoir à ma responsable de wagon et à mon coloc Chinois avant de rechausser mon sac à dos. Les muscles sont un peu engourdis, mais ne tardent pas à se réchauffer sous le soleil radieux qui se lève.

Ils fourmillent surtout à l’idée d’explorer ce « petit » bijou qui se présente désormais devant moi: le lac Baïkal.

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