The soul of Séoul (épisode I)

Du 08/10/2018 au 14/10/2018

J1 (Lundi)

Après quelques 2h30 de vol depuis Vladivostok, et une 1ère expérimentation de l’irréprochabilité des transports publics au pays du Matin Calme, me voici donc arrivé à Séoul, 10 millions d’habitants et capitale de la Corée ! Annyeonghaseyo !

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Alors que je rejoins mon hostel, situé dans le quartier de Dongdae, je prends la pleine mesure de la transition culturelle qui m’attend. 1ère difficulté, et non des moindres : la langue ! Transcripter le cyrillique fût au final une affaire relativement aisée, mais déchiffrer le hangeul, y’a même pas moyen !

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Je suis donc un peu « Lost in Translation » pour cette 1ère soirée (les noms des rues sonnent tous les mêmes !), un sentiment que compensent bientôt le côté cosy de mes nouvelles pénates et la rencontre des très nombreux backpackers internationaux que j’y retrouve.

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J2 (Mardi)

En ce jour férié pour les Coréens (on y célèbre justement la création de l’alphabet), je m’attèle à un peu de planification. Je suis arrivé à Séoul presque par hasard (après moult hésitations entre Chine et Japon, ça apparaissait comme le choix le plus logique 😊) et l’étude des quelques livrets touristiques de la ville me fait prendre conscience de l’immensité de son patrimoine.

Heureusement, notre hôte nous distille un briefing des plus substantiels (autour d’un délicieux déjeuner préparé par ses soins), ce qui me permet, une fois n’est pas coutume, d’avoir un ersatz de planning. Sauvé je suis !

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Je profite de l’après midi pour découvrir un peu plus « mon » quartier dont les rues pentues et étroites dégagent un indéniable sentiment de calme. Autant vous dire que le décal(qu)age de la veille est déjà loin.

J3 (Mercredi)

Le mercredi, c’est tourisme et je pars en début de matinée pour une exploration sélective du patrimoine de Séoul. Mes déambulations m’amènent naturellement au cœur historique de la ville et à ma 1ère étape , le Palais de Deoksugung (littéralement « palais de la longévité vertueuse », le naming était particulièrement imagé à l’époque).

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C’est l’un des 5 palais de la ville construits sous l’ère Joseon (1392 – 1910) mais le seul témoignant d’un mélange de styles, anciens et occidentaux. J’y flâne pendant une bonne heure en m’émerveillant de sa parfaite intégration dans le paysage urbain moderne.

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Je remonte ensuite l’impressionnant square de Gwanghwamun (555 mètres de long, 34 de large), où le trafic automobile plus intense et les gratte ciels environnants ne viennent en aucun cas grever le sentiment « feng-shui » que me laisse jusqu’ici Séoul.

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A quelques encablures de là, le palais de Gyeongbokgung (ou « palais du Bonheur resplendissant »), 1er palais construit sous le règne de la dynastie Joseon, frappe par son immensité. L’ensemble, qui abritait autrefois dans ses bâtiments en bois peint, des milliers d’officiels, soldats, professeurs, possède en son sein quelques magnifiques jardins et bénéficie d’un superbe décor d’arrière plan.

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Après une pause gastronomique dans la rue Insa-Dong voisine, je m’attèle à un peu d’exercice sur les pentes du parc Samcheong dont je gagne les hauteurs pour une vue panoramique de Séoul. C’est indéniablement (j’aurais l’occasion de le confirmer par la suite) l’un des énormes attraits de la ville que de posséder tant d’espaces verts.

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Pour finir cette journée déjà bien remplie, je parcours tranquillement les rues du village Hanok de Bukchon : situé entre les palais de Gyeongbokgung et de Changdeokgung, il compte 900 maisons traditionnelles Coréennes (encore habitées), et l’atmosphère qui s’en dégage semble vous projeter 600 ans en arrière.

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En soirée, je rejoins mes compagnons d’auberge et nous échangeons autour de nos périples respectifs. Cette hostel life avait quelque peu fait défaut en Russie et je suis vraiment heureux de rebaigner dans cette ambiance.

J4 (Jeudi)

Aujourd’hui, c’est Trek Day et c’est avec une certaine excitation que je prends le chemin du parc national de Bukhansan. Situé à 1h15 très exactement du centre de Séoul (la montagne à la ville quoi !), le parc offre d’innombrables chemins de randonnée balisés.

Il est très populaire chez les citadins, comme je peux le constater dans le bus qui me mène à l’une des entrées, un bus littéralement bourré à craquer de Coréens équipés comme s’ils partaient pour épingler l’Everest à leur tableau de marche.

Mon objectif du jour, l’ascension du Baegundae (836.5 m ) l’un des nombreux pics que compte le parc, mais surtout le plus haut (et ça c’est important pour moi 😊). Le trail qui y mène est plutôt court (4,2 km) et propose une 1ère partie relativement aisée, sur un chemin pavé.

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Mais après quelques hectomètres, le chemin monte brutalement, empruntant escaliers de pierres et de bois. Heureusement, le temps est idéal sec et frais, le paysage superbe, et les temples disséminés dans la forêt (où les Bouddhistes étaient contraints de se réfugier pendant l’ère Joseon, plus portés sur le Confucianisme) offrent des pauses photographiques et respiratoires bien venues.

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Après 3 km, le trail passe à découvert pour la dernière partie de l’ascension. Souffle un vent de tous les diables, qui oblige à un peu de prudence, notamment lors des passages cordés. Moi qui ait une petite tendance à voir mes jambes flageoler quand le vide est trop proche, je n’en mène pas large.

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1h30 après mon départ, j’arrive enfin au sommet. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que ça vaut le coup ! La vista sur le reste du parc et celle sur Séoul en contrebas sont tout simplement magnifiques. Même Charlie, qui n’a pas sué une seule goutte, y va de son selfie.

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Il n’est que 12h15 et j’établis, à l’aide de la carte du parc (oui je m’améliore, je ne suis pas parti à l’aveugle !) un itinéraire de retour avec deux impondérables : rentrer avant la nuit et voir un maximum de pics ! Je vous dis, j’ai un vrai problème avec les sommets.

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Sur le chemin que j’emprunte pendant les 2,5 heures suivantes, il m’est difficile de ne pas m’extasier devant la splendeur des couleurs automnales. Je longe un mur fortifié semblable à celui de Séoul et photographie encore à de multiples reprises les nombreux panoramas qui s’offrent à moi. Enfin, je coche mon 2ème sommet du jour : le Munsubong et ses 732 m !

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Alors que j’en amorce la descente, une petite glissade sur un pan de roche gravillonné, sonne comme un avertissement : je randonne seul depuis 4h, je ne suis pas PAS fatigué et le chemin que j’ai en tête doit encore me proposer à minima 6 ascensions (plus rapprochées et moins hautes, mais quand même).

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J’opte donc pour une option plus raisonnable, qui me ramène peu ou prou trois heures plus tard, dans la vallée, après un dernier arrêt au splendide temple de Samcheonsa. Après quelques 7h de marche (pour une 20aine de kms), j’en termine donc avec mon trail du jour et rentre à l’hostel en début de soirée. Epuisé mais heureux. Mais épuisé.

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J5 (Vendredi)

Encore un peu cassé par mon parcours de la veille, je pose une ½ RTT voyageur et ne décolle de mon antre qu’en début d’après midi avec pour objectif une petite marche de dérouillage. Je jette mon dévolu sur la rive gauche de la ville (ce que je ne ferai évidemment jamais à Paris) et traverse donc le fleuve Han pour rejoindre le quartier de Yeouido.

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Une fois encore, le paysage ultra urbain de la ville se marie à la perfection avec un décor plus nature. Que ce soit en bord de fleuve ou dans l’incroyable parc Yeouido, tout semble répondre à un équilibre parfaitement étudié. Franchement, c’est beau et j’ai bien du mal à me croire dans une mégalopole de 10 millions d’habitants.

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En soirée, notre petite communauté se régale autour d’un barbecue Coréen et de quelques verres de Soju (l’alcool phare du pays) dans le quartier (ultra) animé de de Hongdae. Je me sens divinement bien à Séoul et l’ensemble de ses possibilités exploratoires commence à me tourner la tête. Et de penser à une nouvelle extension de mon séjour.

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J6 (Samedi)

Retour aux bases en ce samedi matin puisque je rejoins la station de Dongdaemun pour effectuer la randonnée de 18.6 km autour du City Wall : le mur, initialement construit en 1396, maintes fois, restauré, avait pour vocation évidente de protéger la ville originelle. Comme l’avant-veille, de nombreux Coréens font également le chemin.

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Le parcours, ponctué par la traversée des portes qui jalonnaient autrefois le mur (certaines ont disparu mais d’autres sont encore en excellent état de conservation) est une succession sportivement intense de montées et de descentes, avec comme toujours à la clef, des vistas sublimes en guise de carotte 😊

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C’est également l’occasion de traverser de nombreux parcs – Naksan, Samcheong – et de grimpouiller quelques mottes de terre : Mont Baegaksan (342m), Mont Inwangsan (340m). A noter qu’une portion du parcours longeant un site militaire, l’enregistrement est obligatoire.

Aux 2/3, le trajet repasse en pleine ville, avec quelques portions parfois non restaurées du mur. C’est assez anachronique d’être ainsi sur les traces de fortifications vieilles de 600 ans au milieu des gratte-ciels.

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Dans le parc de Namsan, dans le sud de la ville, le mur franchit le mont Monmyeoksan (270m) et contourne l’une des attractions phares de la ville : la N Seoul Tower. Haute de 237m, cette dernière est un élément incontournable du paysage urbain même si la densité de touristes présents me fait oublier la fatigue et prendre mes jambes à mon cou.

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Après 7h de marche tout juste, je reviens donc à mon point de départ, près de la porte Heunginjimun. Je me traîne vers Cheonggyechon – un ancien cours d’eau de 10km environ, dont les quais ont été restaurés – pour assister à un magnifique coucher soleil. Si ce n’était l’envie irrépressible de succomber à nouveau à un bon repas Coréen, je crois que je m’endormirais sur le champ.

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J7 (Dimanche)

Après une petite « alerte gambettes » (un début de tendinite quoi), je prends la décision de prolonger mon séjour à Séoul : il me reste tellement de choses à y découvrir que même si je dois y aller molo, il eût quand même été dommage de se priver d’un épisode II !

A la semaine prochaine donc :) !