L’île de Jeju

Du 23/10/2018 au 30/10/2018

Jour 1

Après moins d’une heure de vol depuis Séoul, me voici arrivé sur l’île de Jeju, la plus grande que compte la péninsule Coréenne, au sud ouest du pays. De formation volcanique (comme son homologue Hawaïenne à qui elle est souvent comparée), Jeju abrite notamment le mont Hallasan, la plus haute montagne de Corée. Une pure coïncidence, je vous jure 😊 !

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Pour cette 1ère journée, le soleil est au rendez-vous et je décide d’aller me dégourdir les pattes sur les pentes du trail de Eoseungsaengak, à quelques 40 mn en bus de mon lieu de résidence (Jeju-Si, la capitale de la région). C’est de loin le plus court de tous les sentiers de randonnée que compte Jeju (1.3 km, 200m de dénivelé) et s’il donne à peine l’occasion de transpirer, il offre à son sommet de 1169m un formidable panorama sur une partie de l’Île et sur le mont Hallasan.

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Après une descente rapide où j’ai l’occasion de réapprovisionner en eau une touriste Malaisienne au bord de la déshydratation (#aquaphilanthrope) et une visite instructive au Visitor Center du Parc National, je fais un petit point avec moi-même et décide à l’unanimité d’aller promener mes gambettes fourmillantes sur un autre sentier situé à proximité, le Eorimok trail. Même si je ne vise pas à le parcourir en entier, ce sera toujours un bon exercice.

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La 1ère partie de l’ascension, plutôt ardue, se déroule à l’abris de la forêt. Le chemin, en quasi-totalité serti d’escaliers ou de marches (ce qui rend son parcours ultra agréable) témoigne une nouvelle fois de l’importance donnée au Hiking en Corée. Faut toujours grimper, mais au moins on ne risque pas l’entorse sur une pierre brinquebalante (sauf à faire le clown et oh là là ce n’est pas mon genre).

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Après une heure, la végétation s’éclaircit subitement et comme un enfant qui aurait enfin réussi à déchirer tout l’emballage autour de son cadeau de noël, je découvre ce que Jeju me réservait : une vue tout simplement magique ! Le ciel aidant, on distingue nettement les différents Oreums (les cônes volcaniques parasites, l’île en compte environ 360) et au loin, la côte nord et la mer.

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Tel un gourmand qui vient de manger son 1er m&ms et remet inconsciemment la main dans le paquet, je continue d’avancer, sur un terrain nettement moins pentu cette fois-ci. Le sentier serpente légèrement, et à l’issue d’une montée tout ce qu’il y a plus anodine, alors que mon regard est toujours comme hypnotisé par  l’horizon, je LE découvre. Qui ça ?  Le mont Hallasan bien sûr !

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Malgré sa faible élévation (1950 m), c’est un superbe bébé bien jouflu. Un coup d’œil aux panneaux indicateurs qui longent le chemin me fait prendre conscience que j’en suis déjà aux 2/3 du parcours. Son terminus, le refuge de l’Oreum Witse, n’est plus qu’à 1.5 km environ et rendu à ce point là, vous êtes d’accord, ça serait du gâchis. Je termine donc, 1h30 après l’avoir commencé, le trail de l’Eorimok. Je découvre, un peu surpris, l’altitude : 1700m ! Je viens de prendre un dénivelé positif de quasi 800 m !

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Après une courte pause récupération, et un petit point cartographie avec des français que j’y rencontre, j’opte pour une descente via le trail de Yeongsil  qui repart vers le Sud. Un 1er kilomètre effectué quasi en marche arrière, tant le Hallasan m’attire comme un aimant, et je manque à nouveau de perdre la tête : les falaises, les oreums, sous la lumière du soleil déclinant, sont fascinants.

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Après quelques 3 kilomètres, le chemin repasse sous la protection de la foret, et 2 kilomètres supplémentaires m’amènent à la conclusion de mon … 3ème trail du jour ! Moi qui étais parti pour une simple marche de reprise, dire que je suis aux anges relèverait à ce moment là d’une très nette sous estimation de la réalité !

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Alors que je mets en route pour la station de bus située à 25 minutes en contrebas, un couple Coréen me prend même en stop (je ne sais pas si j’attire la sympathie ou la pitié, mais je prends 😊) et devant l’impossibilité de me rendre la monnaie, le chauffeur du bus qui doit me ramener à mes pénates de Jeju-Si m’offre simplement la course !

Il y a des journées comme ça, je vous le dis, qui frisent la perfection !

Jour 2

Ma montre marque à peine 6h du matin (au Parc des Princes, le PSG en finit avec une prestation pathétique qui l’amènera j’en suis certain à porter plus de considération à la coupe de l’UEFA dans les prochains mois. Allez l’OM !), mais je suis déjà excité comme une puce. Oui, aujourd’hui, je m’attaque au sommet de la Corée du Sud, le mont Hallasan, avec qui j’ai fait connaissance hier !

Du haut de cette maturité qui est désormais mienne (bref, j’ai eu 39 ans), je packe 4 litres d’eau et quelque encas substantiel, avant de sortir héler un taxi dans les rues de Jeju-Si où la nuit est encore bien noire. Direction, le point départ du Gwaneumsa trail, à quelques 12kms de là. Seules deux voies voies mènent au sommet et pour la montée, j’ai décidé d’emprunter la plus pentue. La raison ? Pas envie de me la coltiner en descente !

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A 6h45, je suis déjà à l’entrée du parc cet démarre mon ascension. Outre mon impatience à en découdre, j’ai aussi décidé de partir tôt pour me garantir une certaine marge de manœuvre quant au franchissement des checkpoints (à partir d’une certaine heure, les rangers ne vous laissent plus passer). Si le parcours ne fait que 8.7km, il affiche un dénivelé positif de 1330m, et le temps de grimpette est quand même évalué à 5h.

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La 1ère partie (sur quelques 3.2 kms) ne présente aucune difficulté. Elle s’effectue en bordure d’un cours d’eau asséché et à l’abri d’une forêt que le jour qui se lève peine à éclairer. L’atmosphère est quasi monacale et seul le clac-clac des bâtons de marche de ma dizaine de comparses Coréens vient troubler le silence. Après une heure tout juste, j’atteins le pont de Tamnagyegok Mokgyo. Je suis parti bien en deça de mon rythme naturel (la sagesse je vous dis) et je suis pourtant dans les temps.

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Alors que l’absence de difficulté commençait paradoxalement à m’ «inquiéter», le passage du pont m’offre une 1ère réponse : un escalier en bois, bientôt fait de pierres, sur lequel je m’engage prestement, sonne le début des hostilités. Moi qui habite depuis quelques années au 6ème sans ascenseur, j’ai juste l’impression de rentrer à la maison !

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Les marches me donnent l’occasion d’atteindre mon rythme de croisière : j’ai nettement accéléré et je rattrape peu à peu bon nombre de randonneurs – tous Coréens – partis plus tôt que moi. Si la majeure partie me gratifie d’un souriant « hello », quelques susceptibles, font mine de s’accrocher. Une excellente opportunité de tester un peu plus la résilience lactique de mes quadriceps pour m’en séparer 😊 !

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2h après mon départ, je m’extraie de la forêt et atteins le refuge de Samgakbong. Le soleil est définitivement levé et j’en profite pour lézarder une bonne dizaine de minutes. Petite aparté avec moi-même, je réalise qu’il y a très exactement 5 ans, lors de mon 1er périple au long cours, je fêtais déjà mon anniversaire au cours d’une ascension, celle du Kilimandjaro. C’est important la cohérence lors des passages de cap 😊

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Il y a 5 ans déjà !

Je me remets doucement en route et après quelques hectomètres, le chemin commence … A descendre ! Ah oui non mais là, moi je ne suis pas du tout d’accord, on avait dit qu’on montait ! Foncièrement incompétent dans l’évaluation des distances (le compas, j’en ai que la partie pointue dans l’œil), je serais bien incapable d’évaluer l’altitude ainsi « perdue », mais c’est non négligeable.

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Passé le pont de Yongjingak Hyunsugyo, la pente s’élève à nouveau et c’est joyeusement que je monte les marches que me propose le parcours. Après une heure continue de step en pleine nature, j’atteins une petite plateforme d’observation …

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… et quelques 20 minutes supplémentaires, j’y suis, le Graal ! Ah là là, c’est beau !

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Le cratère du Hallasan, avec ses 400m de diamètre, son lac du Cerf Blanc, qui le remplit partiellement, est proprement impressionnant. Comme la veille, le ciel est parfaitement dégagé, ce qui me donne l’occasion d’apercevoir la côte Sud de l’Île de Jeju. Y’a franchement plus désagréable pour faire sa pause déjeuner ! Et comme j’ai mis à peine plus de 3h pour effectuer l’ascension, je savoure longuement le moment.

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De nombreux randonneurs commencent à arriver par la voie Seongpanak et alors qu’il est pile poil de barbe 11h, je commence à l’emprunter pour amorcer ma descente. Je vous épargne le détail de cette dernière (ça replonge assez vite dans la forêt) qui est surtout l’occasion de constater à quel point j’ai eu raison de monter par Gwaneumsa. Le parcours, du fait de sa plus grande facilité, est ici noir de monde !

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Quelques deux heures plus tard (deux heures surtout consacrées à conserver la lucidité nécessaire pour ne pas me vriller une cheville sur le parcours assez pierreux), j’en termine. Fatigué (je n’avais pas grimpé depuis Bukhansan à Séoul) mais comblé. Alors que j’attends le bus qui doit me ramener Jeju-Si, je me laisse aller à la contemplation du Hallasan dont je distingue les cimes au loin. Franchement, je ne me ferai jamais à la chance que j’ai de pouvoir réaliser tout ça.

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Jour 4 

Après une journée de pluie continue consacrée à un repos tout relatif (une fausse manip’ de mes doigts empâtés m’a bien fait craindre la perte irréversible de toute la partie Sud-Américaine de ce blog), je me mets de bon matin en route pour la partie Est de l’île que j’atteins après une petite heure du bus.

1er stop et non des moindres, le village de Seongsan, et son joyau, l’IIchul-Bong, un volcan éteint de 182m de haut, dont il est possible d’admirer le cratère boisé après une grimpette d’une 20aine de minutes. Taillé comme un gros bol, l’IIchul-Bong, qui semble avoir été déposé là par hasard, est aussi l’occasion d’un beau panorama sur la ville en contre-bas et d’un rappel calendaire pratico-pratique : c’est le week-end et c’est archi blindé !

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Sur les coups de midi, j’embarque pour une courte traversée en ferry, direction l’île d’U-do, à quelques 3.5 kms de là. C’est la plus grandes des 62 îlettes entourant Jeju-do et son nom, littéralement l’île de la Vache, est censée faire écho à sa forme. Oui bon là, la commission marketing ne devait pas tourner qu’à l’eau claire ….

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Pour parcourir Udo, et ses 18 km de circonférence, plusieurs possibilités : le vélo, la mini voiture électrique (entre le scooter et le tuk tuk), littéralement prise d’assaut par les touristes Sud-Coréens (et chinois !), ou … la marche. A votre avis, je choisis quelle option 😊 ?

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La balade (je suis en partie le sentier 1-1 du Olle Trail, qui avec sa vingtaine de chemins parcourant Jeju, offre aux randonneurs un superbe terrain de jeux) ne présente aucune difficulté particulière et permet de passer par un certain nombre de points d’intérêt, notamment :

  • La plage immaculée de Hongjodangoe

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  • Le mont Udobong et son phare

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  • La plage noire de Geommeolle

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Coup de cœur en ce qui me concerne, la partie nord, plus brute, moins fréquentée, et dont les champs de culture entourés de murs de pierres battus par les vents lui confère de faux airs de Connemara (« terres, brulées, au vent … »)

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Coup de gueule : la pollution. Les rivages de l’île sont littéralement bondés de détritus en tout genre (ramenés par les forts courants et les vents) et c’est un spectacle qui crève le cœur. Evidemment quelque chose qu’on ne voit pas en faisant le tour de manière motorisée mais qu’un déplacement pédestre donne bien le temps de réaliser. Sans adopter un discours cataclysmique, je me dis qu’on est quand même sacrément mal barrés …

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Bye bye Udo, et prends soin de toi …

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Jour 5

Nouvelle journée ensoleillée (depuis deux mois que je suis sur la route, je compte les jours de pluie sur les doigts d’une main !) et je continue mon exploration « cardinale » de Jeju : après le nord et le centre, l’est, je m’attaque au Sud. Allez dire que je manque de cohérence et de méthode après !

Seogwipo, que je parcours pendant toute une après midi, présente une atmosphère beaucoup plus « laid-back » que son homologue du nord où j’ai mes quartiers. Si les deux cascades tant vantées par les guides touristiques me procurent autant d’émotion qu’un plat de lasagnes surgelées (les infrastructures touristiques qui les entourent sont très « Mont St Michel-esques »), la ville possède quelques magnifiques panoramas, sur le Hallassan et sur la mer.

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Quant à la petite île de Saeseom, accessible depuis le joli pont Saeyeon-gyo, elle vaut indéniablement le détour.

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Jour 6

Pour ma dernière journée voyageuse à Jeju-Si, j’en explore (enfin) le centre ville, qui me fait une impression beaucoup plus agréable qu’anticipée, notamment grace à son gigantesque front de mer. J’arpente longuement le quartier du marché aux poissons, où la prise du jour est séchée à même des grillages étalés dans la rue, et où les restaurants offrent l’opportunité de faire connaissance avec son plat principal … De son vivant …

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Quant au marché couvert de Dongmun, il m’offre une conclusion chromato-odoro-gastronomique des plus appropriées à ce séjour d’une semaine sur l’île de Jeju.

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J’ai en effet décidé de faire l’impasse sur la partie ouest de l’île (beaucoup de plages, pas forcement accessibles en bus) et d’acter mon retour vers le continent. Le temps commence à filer et j’ai comme le pressentiment que la Corée du Sud me réserve encore bien des surprises !